L'équipe de France soulève la coupe du monde

Les mots ne suffisent pas

Inouïe, inqualifiable, inimaginable, les superlatifs manquent tant l’exploit est grand. La France est championne du monde. La France a chanté à l’unisson. La nation s’est rassemblée, par milliers, par millions, sur les Champs-Élysées. Alors oui je pourrais parler du jeu, de la finale laborieuse, des phases de poule peu reluisantes, mais qu’est-ce que l’analyse face à l’euphorie ?

Ainsi, ce 15 Juillet 2018, le jour de gloire est arrivé. Sur les coups de 19h, les drapeaux se sont hissés, les larmes de joie ont coulé, la France s’est arrêtée. Une respiration… puis la clameur. Des cris de bonheur qui ont fait rugir tout un pays, uni, sans classe sociale ni couleur de peau. Les Français étaient tous bleus, du cinquantenaire encore meurtri par Séville 82, aux plus jeunes qui rêvaient d’un 98 à eux et qui n’avaient connus au choix que les déceptions de 2006 et 2016 ou le marasme de 2010.

 « La tête dans les étoiles, et une de plus sur le maillot. »

Ils étaient plus d’un million sur les Champs-Élysées dimanche soir, des millions dans toute la France. Debout sur des voitures, dans des fontaines, ivres d’alcool et de bonheur. Des millions à faire la fête, sans travail ni problèmes, la tête dans les étoiles, et une de plus sur le maillot. Le football est critiqué, conspué parfois, mais il reste unique de par sa capacité à remplir la plus belle avenue du monde en un claquement de doigts, en trois coups de sifflets.

 « Nous ne retiendrons que cette ligne historique sur un palmarès grandissant. »

Nous ne parlerons pas de jeu, ni même de tactique, l’émotion est trop forte pour être minorée. Plus tard nous analyserons, nous nous questionnerons sur le jeu de cette équipe, ses forces, ses faiblesses. Mais plus tard, encore lorsque des décennies auront passé, nous ne retiendrons que cette ligne historique sur un palmarès grandissant. « FIFA World Cup Winner 2018 : France ». Et pour cela nous resterons à jamais reconnaissant de cette équipe.

« Adil Rami en étendard, lui et sa moustache porte bonheur. »

Ce groupe formidable, parlons-en. Des titulaires irréprochables, des remplaçants bien plus que cela. Un sélectionneur défiant les critiques et une star qui émerge. Voici les clés d’un succès encore une fois historique. Didier Deschamps avait prévenu, pour gagner une telle compétition avant des individualités, il faut un grand collectif. Les réseaux sociaux nous auront permis de l’attester. Ce groupe a bien vécu, les remplaçants ont eu un rôle d’exception, Adil Rami en étendard, lui et sa moustache porte-bonheur. Sans une minute de jeu il aura su se rendre indispensable. Ce groupe est une famille, parmi laquelle le plus jeune, Kylian M’Bappé, n’a plus besoin d’être couvé tant il semble avoir pris son envol sur le football.

M'Bappé embrassant la coupe du monde, France

Source & Credits : Europe1.fr

Même s’il ne faut pas limiter cette équipe à M’Bappé tant sa victoire est collective, les superlatifs manquent aussi pour le qualifier. De Lineker à Puyol jusqu’au Roi Pelé cette coupe du monde aura vu les plus grands s’émerveiller devant un gamin. Un gamin qui à seulement 19 ans compte 4 buts en phase finale de coupe du monde, un titre de champion du monde, deux titres de champions de France avec deux clubs différents et encore d’autres trophées. Mais où s’arrêtera le héros de France-Argentine ? Sera-t-il capable de porter Paris au sommet Européen à seulement 20 ans et ainsi d’ores et déjà s’installer à la table des plus grands ? Rien n’est à exclure tant ce phénomène défie les normes.

« Vous, et tout les autres, méritez un article entier… »

Ils mériteraient tous un paragraphe, Varane, 25 ans, quadruple champion d’Europe, champion du Monde. Umtiti, guerrier sur une jambe. Lloris, une boulette oubliée par un mondial d’exception. Kanté, parce qu’il fût peut-être le meilleur bleu. Pogba, tant critiqué, mais si précieux, tant contesté mais si heureux lors de ce but face à la Croatie. Griezmann, lui aussi parfois remis en question dans son jeu mais si intelligent pour avoir su se mettre en retrait au service de l’équipe. Vous, et tout les autres, méritez un article entier tant les mots manquent pour vous remercier.

« Il y a 8 ans, cette sélection ne descendait pas du car »

Imaginez, il y a 8 ans, cette sélection ne descendait pas du car pour s’entraîner et trahissait la France. Aujourd’hui elle monte au sommet d’un même car pour défiler sur les Champs-Élysées et honorer la France. En 8 ans, les hommes ont changé et cette génération là a réussi l’indicible exploit de renouer un lien fort entre les bleus et leur public.

« Kylian, Antoine, Paul, Raphael et tous les autres, merci ne suffira jamais pour vous exprimer ma gratitude. »

Alors, pour conclure cette éloge aux héros nationaux, oui, héros. Ils méritent ce terme. Parce que comme ils ont su le dire durant ce parcours : « Vive la France et vive la République ». Cette République, il y a maintenant un peu moins de trois ans, était déjà dans les rues, déjà unie, mais elle pleurait. Elle pleurait ses morts, elle pleurait ses victimes du terrorisme. Les gens dehors en 2015 étaient déjà là pour la nation et pour la République. Trois ans après, le football, ce sport unique, a su réunifier ces gens, non pas dans la peur ni le chagrin mais dans le bonheur infini de voir plus que des joueurs soulever une coupe mais une marée humaine s’unir derrière un drapeau. Pour terminer, je n’ai pas connu le 12 Juillet 1998. Cette finale face au Brésil, je l’ai regardé maintes et maintes fois sur le magnétoscope de mon père. Aujourd’hui, grâce à vous, je pourrais dire à mes enfants que j’étais là, ce 15 Juillet 2018. Kylian, Antoine, Paul, Raphael et tous les autres, merci ne suffira jamais pour vous exprimer ma gratitude. Vive la République et Vive la France.

La plus belle avenue du monde derrière les bleus, France

Source & Credits : Mce

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