Zoom sur l’Iaido : l’art du sabre japonais

Détenteur d’une culture tellement dense et populaire, le Japon archipel de l’Océan Pacifique est l’un des berceaux des arts martiaux. Depuis des siècles, des individus se transmettent de générations en générations l’art d’être un guerrier. Aujourd’hui, votre rédactrice dévouée a décidé de vous faire découvrir une de ses passions, l’Iaido : l’art de dégainer et de trancher.

 

D’où vient cette passion ?

C’est depuis très (très) jeune que j’ai toujours été fascinée par le Japon, et c’est notamment durant mon enfance que j’ai eu l’opportunité de découvrir le Kendo, l’escrime Japonaise grâce à mon voisin qui est resté une bonne dizaine d’année au Japon auprès d’un maître japonais. Je me souviens qu’il travaillait dans la police. Mon voisin avait construit son propre Dojo (salle d’entrainement au Japon).

Étant trop jeune, je me contentais de m’asseoir sur les marches et de l’observer enseigner son art à ses élèves. Je me souvenais qu’il était sévère mais il m’appréciait beaucoup. Il voulait m’enseigner son art mais comme il me le disait, j’étais pas encore prête. J’observais les phases d’entraînements intenses, brutales, je regardais la position des pieds sur le tatami, et écoutait les Kiai (cris) et les coups portés. Je l’admirai avec ferveur.

Malheureusement, cet homme qui a bouleversé mon existence est parti bien avant que j’ai pu avoir l’âge d’apprendre le Kendo. C’est à l’école primaire que j’ai découvert l’aïkido, un art martial fondé par Morihei Ueshiba ou  O Sensei, je vais éviter d’en faire un historique, mais l’Aïkido est un art martial très populaire dans le monde entier et un véritable trésor National au Japon. L’aikido, c’est l’art de l’autodéfense à main nue mais aussi avec des armes et notamment le Katana. Pour ma part, cet art martial est un art de la paix, nous nous apprenons à nous défendre et non pas à attaquer. Le maître qui m’avait enseigné cela me prenait toujours comme exemple et cela m’a appris à prendre conscience de mon corps et de ses capacités. Je n’ai pas continué et je me suis intéressée au karaté, plus brutal mais je ne trouvais pas ce petit quelque chose qui me permettait d’accéder à un état de bien-être et de plénitude.

Vers l’adolescence, je commence réellement à m’intéresser au Japon, je me documente sur la culture nippone etc. Et j’adorai et j’aime toujours autant le cinéma Japonais, ce dernier m’a fait découvrir le katana, qui est le sabre japonais. Je ferais par ailleurs très prochainement un article sur cette arme blanche.

J’ai découvert les films de Akira Kurosawa comme « Les 7 samurais » avec Toshiro Mifune, un acteur hors du commun ou encore Ran. Quentin Tarantino avec le film « Kill Bill » m’a définitivement donné envie d’apprendre à tenir un sabre japonais.

Mise à part le Kendo, je ne connaissais rien d’autre, jusqu’au jour ou je tombe sur l’Iaido, un art martial Japonais beaucoup moins connu qui consiste à apprendre à dégainer le sabre et à trancher son adversaire. J’avais été impressionnée par certaines techniques : la fluidité, la rapidité et la dangerosité me fascinait.

C’est en classe de Première que j’ai eu l’opportunité de trouver une école qui apprenait l’Iaido : l’école Takeda Ryu, Maroto-Ha, une école issus des arts guerriers du Clan Takeda (très grand stratège Japonais), c’est un français Monsieur Maroteaux qui lors d’un voyage au Japon appris le style Takeda et décida de le transmettre aux occidentaux.

Il existe d’autres écoles de sabre, telle que le Muso Shinden Ryu notamment, mais au Japon plusieurs styles existent mais ne sont pas tellement exporté en France.

Lors de mon tout premier cours, j’ai appris à tenir un sabre, à avoir la bonne position, et porter des coups : tout était précis, l’erreur n’était pas permise. C’est là que j’ai découvert la méditation active : j’apprenais à faire le vide et à entrer dans une concentration extrême, à gérer ma respiration. Je prenais plaisir à porter un kimono et un hakama (pantalon), je me sentais bien, je découvrais une discipline, une étiquette.

L’iaido a été très important pour moi durant mes années Lycée, j’étais dans une période difficile, entre le bac et les autres élèves qui m’embêtaient, l’Iaido a été un véritable refuge, un havre de paix. Tous les coups, les techniques que j’apprenais, c’était comme pour trancher tous les problèmes et toutes les angoisses du quotidiens. Mon véritable ennemi c’était moi-même…

C’est vers mes 17 ans que j’ai eu mon vrai sabre d’entrainement (Iaito). Je me souviens qu’il avait une poignée bleu foncée et un fourreau noir mat je l’avais commandé du Japon. Il était lourd mais cela m’avait donné de la force. Cela m’avait permis de rendre mes techniques efficaces et dangereuses.

Maintenant, je vais vous parler plus précisément de l’Iaido.

Les origines du Iaido

Comme l’adage le dit « Rome ne s’est pas faite en un jour », et l’Iaido s’y inscrit parfaitement : cet art martial est le fruit d’une longue évolution et d’une transmission de génération en génération à la fin du XIXème siècle par le biais d’un grand nombre d’écoles et de branches.

L’art martial en lui-même est apparut au XVIème siècle grâce à trois facteurs bien distincts :

  • Le sabre japonais (katana) lui-même par le biais de l’évolution des techniques de forge et de construction a permis à l’iaido de se former aussi : sabre et discipline sont alors intiment liés. La forme du sabre a subit des évolutions et donc en conséquence la pratique du iai aussi.
  • La religion, telle que le bouddhisme zen a permis à l’iaido de trouver tout son essence et à donner à ses pratiquants son aspect méditatif. En effet, le bouddhisme zen a été introduit au Japon au VIIème siècle. Le Bouddhisme Zen, souligne l’importance de la méditation et donc d’atteindre le salut, la plénitude, chose que l’on retrouve dans l’iaido.
  • D’un point de vu historique et contextuel sous l’ère Edo, période des Tokugawa (famille de Daimyos), durant laquelle les Japonais aspiraient à la paix, après une période de guerre dense, ce qui a eu des conséquence sur la pratique martiale elle-même et la caste des samouraïs ( guerriers). En période de paix, un samouraï n’aura pas la même utilité qu’en période de guerre, le sabre sera régulièrement rangé dans son fourreau et donc inutile. Alors comment pouvait-on attaquer un adversaire lorsque celui-ci tente de vous tuer, alors que votre sabre reste dans votre fourreau ? L’iaido en est la réponse parfaite.

C’est un homme Hayashizaki Jinsuke Minamoto no Shigenobu qui commença à populariser l’iaido. Bien qu’il existait déjà plusieurs écoles de sabre issus d’une vie monastique bouddhiste, l’homme susnommé développa son propre art sous l’ère des Tokugawa. Certains katas (techniques) ont été transmis durant des siècles et donc qu’ils se révèlent efficaces !

C’est à partir de cet homme que les écoles ont continuer d’émerger et que nous en sommes arrivés à l’iaido que nous connaissons aujourd’hui. Par ailleurs en France, l’école Muso Shinden Ryu est une école qui réunit toutes les techniques connues.

 

L’Iaido d’un point de vu concret

 

Après vous avoir expliqué de long en large de haut en bas… Enfin dans tous les sens, je vous propose de regarder une vidéo d’un kata pour vous illustrer plus précisément l’iaido.

Ici nous sommes en présence d’un iaido efficace, rapide et naturel. On appréciera les gestes naturel du pratiquants, pas de gestes « robotiques ». Un kata se commence soit à genoux, soit debout, d’autre positions existent mais elles se réalisent en fonction de l’école.

S’ensuit alors le premier coup : on dégaine le sabre en tranchant immédiatement l’adversaire. Ensuite, il est possible une fois le sabre hors du fourreau de frapper de nouveau. Certains katana peuvent se faire en un seul coup et d’autre en plusieurs coups. Une fois votre ou vos coups assénés, le pratiquant réalise un autre geste : le chiburi, il consiste à égoutter le sang de la lame avant de le ranger dans le fourreau. Car le sang peut justement oxyder la lame.

Une autre vidéo de Maitre Sugino, enseignant du style Katori Shinto Ryu, une branche qui m’a littéralement époustouflé, je vous laisse admirer.

La tenue du sabre, ainsi que les techniques diffèrent selon l’école, mais l’efficacité reste la même.

 

Les bénéfices du Iaido

D’un point de vue utilité , l’iaido semble un peu dépassé, un samouraï à l’heure d’aujourd’hui ne ferait clairement pas le point face à un AK47. Mais pratiquer un art martial vous permettant de maitriser le sabre Japonais reste tout aussi grisant.

Toutefois les bienfaits de cet art martial sur notre corps sont légions. L’iaido permet de travailler votre souplesse et votre position dorsale. En effet les katas à genoux vous permettent de vous assouplir et de remuscler votre dos et vos jambes.

Egalement, l’Iaido est un excellent moyen de pratiquer la méditation. Cet art martial vous permet de rentrer dans un état de concentration intense, vous permettant de faire le vide dans votre esprit et de ne faire qu’un avec votre esprit et votre corps.

Beaucoup de personnes en regardant un kata d’iaido se disent que cela n’a pas l’air très physique. Et pourtant, à force de répéter les gestes, de faire les techniques à genoux, vous serez amené à transpirer.

Où pratiquer?

Il existe plusieurs style comme je l’ai dis, mais la pratique en France reste restreinte, toutefois, il existe une fédération nationale iaido. Ensuite, d’autres écoles sont également présentes, comme le Takeda Ryu Maroto Ha, fondée par Roland Maroteaux que j’ai eu l’occasion d’apprendre. Il y a également le AikiBudo, qui mixe pratique de l’aïkido  et de l’Iaido de la Katori Shinto Ryu fondé par Alain Floquet.

Et pour également contredire les mauvais pratiquants : ceux qui critiquent une école. Aucune école n’est meilleure qu’une autre, c’est justement l’envie d’apprendre et la philosophie de cette dernière qui jouera sur le choix de celle-ci.

Ainsi s’achève notre découverte sur l’Iaido, art martial japonais ancestral unique en son genre et qui pour ma part m’a permis de me découvrir spirituellement et physiquement. J’espère que cet article vous aura justement donné envie de pratiquer ! Arigato Gozaimasu !

 

 

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP Facebook Auto Publish Powered By : XYZScripts.com