katana

Zoom sur… Le Katana

Lorsque l’on parle du Japon, nous avons systématiquement tendance à penser aux samouraïs, aux arts martiaux… Mais un des symboles les plus notoires du Pays du Soleil Levant est sans aucun doute le Katana, le sabre japonais dont le tranchant redoutable n’est plus à prouver depuis bien des décennies. Votre rédactrice dévouée vous propose aujourd’hui la découverte de cette arme si magnifique.

Un bref historique du sabre japonais

Le katana est une arme dont sa lame courbée est extrêmement admirée par les amoureux des armes blanches. Considérée comme l’arme blanche la plus tranchante au monde, le katana a connu une très longue évolution dans ses techniques de fabrication.

C’est en 400 avant Jésus Christ que les Japonais s’intéressent aux techniques de métallurgie du fer. A cette époque les lames de leurs épées étaient forgées en bronze, puis progressivement les techniques de forge ont évolué en qualité, passant du fer à l’acier trempé.

Bien que le Japon fut et reste encore aujourd’hui un pays relativement hermétique, ce dernier a été cependant extrêmement ouvert aux influences extérieures : notamment les Portugais qui ont importé la cuisson à la friture et les armes à feu.

Concernant le katana lui-même, celui-ci est issu des influences des sabres coréens et des épées chinoises. C’est vers l’époque Nara (710-794) que le sabre japonais commence véritablement à s’ancrer : apparaît alors deux types de sabres :

  • le Tachi : sabre à la courbe particulièrement prononcée dont les ornements sont extrêmement travaillés pour en faire un sabre d’apparat. Néanmoins le sabre se dotait d’un seul tranchant. Cette courbure est apparue très progressivement. Elle est présente due à l’évolution des techniques de combats et au port du kabuki (casque) pour faciliter le combat.
Tachi, katana

Source & Credits : Wikipédia Un Tachi forgé main au Japon en 1997 qui est une copie d’un Tachi de l’époque Heian.

  • Le Tsurugi : une épée inspirée des épées chinoises, avec une lame droite, à double tranchant. On constate toutefois que le Tsurugi disparaît progressivement, laissant place à la techniques de forge à un seul tranchant largement fondée par les forgerons japonais eux-mêmes.
tsurugi, katana

Source & Credits : Wikipédia. Tsurugi de l’Ere Kofun (Vième siècle)

Ce que l’on peut constater ici, c’est que le sabre japonais est le fruit d’un mélange entre le Tachi et le Tsurugi. D’époque en époque, le sabre japonais a subit de nombreuses évolution techniques. Notamment grâce aux guerres, aux invasions, et au contexte historique lui-même. Le sabre japonais s’est vu attribué des classifications en fonction de son époque : Le Jokoto, qui en est le précurseur, le Koto (début des sabres véritablement japonais), le Shinto (sabre moderne), le Shinshinto (le nouveau sabre qui succède au shintô qui survient à l’époque Edo) et le Gendaito, le sabre contemporain.

kataba, katana

Source & Credits : Blog Budo Export. Sabre Japonais de l’époque Edo forgé par Hizen Tadayashi

Un processus de fabrication long et technique.

Je vais vous expliquer brièvement le processus de forge du sabre japonais.

Si le katana est une arme blanche extrêmement coûteuse, c’est dû au fait que le sabre japonais nécessite une longue et rigoureuse fabrication.

Tout d’abord le forgeron a besoin de se procurer la matière première : le métal, ou plus symboliquement le Tamahagane : un minerai très coûteux mais réputé pour sa résistance.

tamahagane, katana

Source & Credits : Hide’s Export. Le Tamahagane dans sa forme originelle.

On commence alors à extraire le minerai via un énorme four (le Tatara) qui sera détruit une fois le Tamahagane fabriqué.

Une fois ce dernier réalisé, le forgeron entame alors son processus de forge en martelant le minerai : il aplatit, puis il replie, ce qui dote le fer de plusieurs couches qui lui donneront une belle résistance.

Pour donner sa courbure caractéristique au sabre, le forgeron, une fois la lame constituée, plonge la lame chauffée à bonne température dans un bain d’eau : le choc de différence de températures provoque alors un changement dans la constitution du fer et donc provoque une courbure de la lame. Le forgeron applique une sorte de décoction sur la lame afin de lui donner sa ligne de trempe : le hamon, un élément qui constitue la signature d’un forgeron.

Une fois la lame produite, celle-ci est amenée à un polisseur : ce dernier est alors en capacité de révéler le métal et ses caractéristiques. Il est un peu celui qui met en valeur le travail du forgeron. Et également celui qui confère le tranchant redoutable au sabre !

Ensuite, il faut fabriquer la poignée (le Ito), le fourreau (la saya) et les éléments de décorations du sabre.

Toutefois, la technique de forge peut varier d’un forgeron à un autre. Si l’on peut citer quelques forgerons connus : Masamune, Muramasa, ou dans notre ère actuelle Sadatoshi Gassan, sans aucun doute un des meilleurs forgerons de notre époque.

J’aimerais acheter un sabre japonais…

Se procurer un sabre véritablement japonais est très loin d’être simple. Déjà il faut savoir que le katana est un Trésor National au Japon, c’est un objet très jalousement gardé par le gouvernement japonais, et certains vendeurs de sabres n’apprécient guère de vendre une lame japonaise à un Gaijin (étranger).

katana

Source & Credits : Daily Geek Show. Maitre Sadatoshi Gassan

Si vous êtes prêts ou prêtes à mettre la main au portefeuille, un véritable sabre japonais réalisé par un tosho (forgeron) coûte au minimum 5000 euros. Pourquoi ? Déjà le processus de fabrication est long, le minerai utilisé est coûteux et un sabre japonais doit passer par la vérification du NBTHK : le Nihon Bijutsu Token Hozon Kyotai, une association Japonaise qui a pour vocation d’authentifier les sabres japonais par le biais de critères rigoureux.

L’importation en est donc difficile mais possible. Il existe certains antiquaires qui vendent de vraies Lames Japonaises : comme la boutique Japon Antique qui se trouve sur Paris.

Si vous souhaitez tout de même acheter Japonais mais sans débourser de grosses sommes, vous pouvez vous tourner vers l’iaito : c’est un sabre d’entrainement non tranchant en aluminium mais dont la pointe reste tout de même redoutable. Il y a des manufactures au Japon qui fabriquent de très très beaux iaito telles que Tozando , BudoExports ou encore Masamune Store située sur Paris et dont j’ai eu le plaisir de me faire fabriquer mon premier sabre.

shinken, katana

Source & Credits : Art Katana. Véritable sabre japonais forgé par la forge Sumita

Toutefois, il existe des alternative moins coûteuses et tout à fait accessibles comme les Forgerons Chinois qui peuvent fabriquer pour 2000 euros moins chers un katana de belle facture. Pour ma part sur Ebay je me suis procurée un sabre Japonais fabriqué en Chine pour 300 euros frais de ports taxe inclus : il suffit de « chiner » un peu pour trouver.

Pour savoir si le sabre sera relativement de bonne qualité pour les forges chinoises, regardez bien la courbure du sabre : si celle-ci est harmonieuse et que la poignée suit bien la courbure du sabre, le katana sera relativement bien équilibré. En revanche si la poignée ne suit pas la courbure du sabre : fuyez.

Si vous pouvez regarder le tressage de la poignée, faites le, il faut qu’il soit bien serré et bien harmonieux, certes ce sera une pièce de collection, mais il faut qu’elle soit esthétique.

Pour conclure, avoir un véritable katana, c’est posséder un trésor du Japon, trésor difficilement trouvable compte tenu de son coût et de sa fabrication jalousement gardée. Certains forgerons français s’y sont intéressés par ailleurs. Si vous souhaitez vous intéressez davantage au sabre japonais, je vous recommande fortement de regarder la vidéo ci-dessous afin d’en apprendre davantage !

 

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP Facebook Auto Publish Powered By : XYZScripts.com