Zoom sur… L’Exorciste

Si l’horreur avait un nom, on pourrait citer le nom de L’Exorciste, un film sorti dans les salles en 1973 et réalisé par William Friedkin tiré du livre « L’Exorciste » de William Peter Blatty qui s’est lui même inspiré d’un exorcisme qui s’est réellement déroulé. Aujourd’hui, Mugmoi vous propose le récit d’une oeuvre horrifique qui encore aujourd’hui inspire l’effroi et la fascination. Attention, cet article peut contenir des spoilers !

Il était une fois, en Irak…

C’est lors de fouilles archéologiques en Irak que le Père Merrin découvre une étrange statuette à l’effigie de Pazuzu, un démon qui provoquera au religieux des visions effrayantes.

Démon, Irak , Merrin, L'Exorciste

Image de TerreurVision

Pendant ce temps là, aux Etats-Unis à Washington, la paisible petite famille MacNeil, composée de Chris MacNeil et de sa fille Regan MacNeil semblent vivre une existence tranquille, tranquillité qui est troublée par d’étranges phénomènes tels que des grattements aux murs et le lit de Regan qui se met à bouger seul. C’est lors d’une réception au domicile des MacNeil que tout prend son sens lorsque Regan malade descend dans le salon menace de mort le réalisateur Burke Dennings.

S’ensuit alors des rendez-vous médicaux, mention spéciale à la scène du scanner particulièrement éprouvante et terrifiante et quelques scènes mythiques dont nous allons vous parler ultérieurement. Les médecins pensent à une maladie mentale, mais la mère de Regan a le pressentiment qu’une force bien plus obscure plane au dessus de sa petite fille. C’est ainsi que Chris se rapproche de la religion, c’est à partir de ce moment là que tout commence à s’enchainer : les phénomènes deviennent de plus en plus violent, « Regan » oui entre guillemet car ce n’est plus tellement elle, commence à se défigurer et à développer un comportement obscène et Chris commence également à perdre pied.

C’est à ce moment là qu’elle se rapproche de Damien Karras, un prêtre qui doute de ses croyances envers le Créateur, et qui vient de perdre sa mère. Une deuxième histoire qui se passe ainsi en parallèle de celle de Regan : on assiste aux histoires de deux personnes, meurtries par des évènements de la vie : d’un côté Regan qui vit l’absence de son père, et Damien, qui vit l’absence de sa mère, des personnages qui s’opposent mais qui se ressemblent.

C’est avec effroi que Damien découvre Regan. Dubitatif au début, et pensant à la pathologie mentale, Damien se rend compte rapidement que Regan est véritablement possédée par une force maléfique, par le biais d’un enregistrement ou Regan parle plusieurs langues : une petite fille de cet âge, à moins qu’elle ne soit douée ne peut parler autant de langue si précocement.

On ne découvrira qu’à la fin du film que Pazuzu est à l’origine de cette possession démoniaque. Par ailleurs, à l’heure d’aujourd’hui, on pratique encore le rite de l’exorcisme, que l’on définit comme le fait de sortir une entité maléfique d’un être humain.

Damien Karras se rapproche de l’Eglise afin d’avoir l’autorisation de pratiquer un exorcisme. La démarche est longue, mais il obtient cette fameuse autorisation. C’est à partir de ce moment là que Damien Karras se rapproche du père Merrin, vous savez ce charmant monsieur qui faisait des fouilles en Irak ! Ainsi, les trois personnages se retrouvent réunis, alors qu’ils étaient si éloignés. C’est à partir de là que commence le rite de l’exorcisme…

Une mise en scène magistrale

Si l’Exorciste s’est imposé comme l’un des meilleurs film d’horreur de tous les temps, ce n’est pas seulement grâce au langage fleuri de Regan, mais on gardera les phrases les plus célèbres de la petite fille telles que :  » Laisse Jésus te baiser ! ».

Sorti durant les années 1970, le long métrage de William Friedkin n’a pas laissé indifférent le grand public : alors que la société vit une période de libération sexuelle et que la religion n’a plus autant son importance qu’il y a quelques décennies, William Friedkin voulait clairement jouer sur ces deux tableaux pour transporter le spectateur par le biais de ses personnages : Damien Karras par exemple qui doute de sa foi et aussi la pauvre Regan malmenée par une entité maléfique.

Par le biais de l’Exorciste, William Friedkin nous a démontré ses talents de mise en scène : la photographie et l’environnement sonore sont à couper le souffle. Je vous propose ici quelque petite analyses des scènes qui m’ont particulièrement marquée : Attention les scènes que vous allez voir peuvent heurter la sensibilité.

Scène #1 : la scène de l’araignée

La scène de l’araignée, une scène qui à la base a été coupé, mais fort heureusement à été réintégrée dans la version longue de l’Exorciste. Dans cette scène on y voit la mère, apeurée qui voit avec effroi sa fille en « araignée », le corps contorsionné.

Regan descend les escaliers telle une araignée, la bouche pleine de sang, hurlant d’une voix rauque. Cette scène marque la descente aux enfers d’une mère et de sa fille, et annonce la transformation d’une petite fille en une monstruosité.  Cette séquence est particulièrement perturbante : Regan est malmenée et n’est plus que l’ombre d’elle même, et la voir marcher sur le dos peut nous rendre très mal à l’aise. L’araignée est un peu une créature qui nous provoque de l’effroi, de la peur, et du dégoût, elle engendre des phobies. Et du fait de sa réalisation, cette séquence est tout aussi spectaculaire grâce à l’utilisation de la caméra en contre plongée : voir Regan descendre les escaliers de cette manière donne une puissance à cette scène et aussi rend la menace du démon palpable.

Scène #2 : « Vous savez ce qu’elle a fait votre connasse de fille ?! » ou la scène du 180°

Cette scène m’a profondément marquée, et a marqué un grand nombre de spectateurs. En effet, dans cette séquence, Chris entend une voix rauque lui ordonner de faire des choses… Pas très catholiques (ahah pardon pour ce jeu de mots douteux).

Affolée, Chris monte dans la chambre de Regan ; des objets volent dans tous les sens, et Regan se masturbe avec un crucifix, l’entité hurle « Laisse Jésus te baiser ! ». Chris se rue sur sa fille et tente de l’empêcher de continuer son acte obscène, mais Regan possédée la repousse violemment. La mère tente de s’échapper mais l’entité ferme la porte et pousse une armoire pour tenter de tuer Chris. Fort heureusement elle s’échappe et ouvre la porte. La tête de Regan se retourne à 180° et l’entité demande à Chris avec un sourire narquois : Vous savez ce qu’elle a fait votre connasse de fille ?

Cette scène est particulièrement impressionnante : voir une petite fille se masturber avec un crucifix est véritablement perturbant et pour les plus religieux d’entre nous absolument blasphématoire. Cette séquence particulièrement provocante est l’une des plus cultes de l’Exorciste.

Egalement, cette scène nous rend mal à l’aise, Regan frappe sa mère et tente par la même occasion de la tuer, on y ressent l’impuissance de la mère face à cette entité démoniaque qui dévore à petit feu sa douce petite fille qui se retrouve dans les méandres de l’enfer, dont le corps malmené par le démon ne cessera de se défigurer au cours du film. Et puis vraiment, voir la tête de sa fille tourner à 180° nous suscite l’effroi.

#Plusieurs scènes : utilisations d’images subliminales

A l’origine, ces différentes images subliminales ont été coupé du film original, mais heureusement, elles ont été restitué pour notre plus grand… Plaisir. La vidéo ci-dessus vous mêle les différentes images existantes dans le film. Ces images consistent à glisser des messages ou des images cachées et dans l’Exorciste, le résultat est particulièrement effrayant.

On y voit dans une scène ou Chris est dans le noir, l’apparition d’un visage absolument terrifiant noir et blanc avec des yeux démoniaques. Ce n’est que le visage de Pazuzu. En utilisant cette technique, le but du réalisateur est de rendre la présence démoniaque omniprésente et installer un sentiment de peur et d’insécurité. Voir un tel visage apparaitre de façon aussi subtile est angoissant, oppressant. Avez vous remarqué que le démon en lui même n’est pas présent physiquement ? Il se manifeste uniquement par le biais de Regan et par le biais de la statue que vous voyez au départ. Les images subliminales permettent au démon de se manifester par sa forme originelle ! Quelle audace, du grand art !

# Dernière scène : Damien Karras est possédé

Je ne vais pas analyser toutes les scènes même si je pourrai bien sûr. Néanmoins, je vais vous analyser une dernière scène, elle intervient à la fin du long métrage. Damien Karras et le Père Merrin font une pause après une première phase d’exorcisme éprouvante.

Le père Merrin reste dans la chambre à prier aux côtés de Regan, alors que Damian Karras décide de trouver un peu de calme en sortant de la chambre. Quelques minutes plus tard, Karras décide de remonter et constate en entrant dans la pièce que le corps de Merrin git sur le sol. Regan possédée, accoudée sur le lit regarde le corps du prêtre. Désespéré, Karras entame un massage cardiaque, Regan amusée, se met à rire. Ce qui agace Karras qui s’agrippe à la petite fille possédée et la jette par terre qui hurle de sa voix rauque.

Il l’a frappe au visage en hurlant « Prends moi ! ». Soudain, on entend les pleurs d’une vraie petite fille : aigus, enfantins, on reconnait la voix de Regan au début du film ! Soulagement ! Mais la caméra s’attarde sur le visage de Karras, qui a littéralement changé : des yeux jaunâtres, et une figure pleine de cicatrices. Karras est possédé par Pazuzu. Il s’approche de Regan apeuré, on y sent la lutte entre l’entité et Karras, le visage se transforme de nouveau en visage « normal » de Karras, et redevient celui de Pazuzu. Décidé à ne pas toucher à Regan et à empêcher Pazuzu de posséder Regan de nouveau, Karras hurle et saute par la fenêtre.

Cette scène est importante puisqu’elle marque la fin d’une possession démoniaque. Par le fait que Pazuzu se soit intéressé à Karras et que ce dernier s’est sacrifié pour Regan. Et pourtant, dans le film ils ne se connaissent pas vraiment. On pourrait l’interpréter de la façon suivante : Karras souhaite retrouver sa mère et estime qu’il n’a plus rien à vivre, alors que Regan, encore jeune et innocente est au début de sa vie.

Le cadrage en contre plongée de Karras possédé est parfaitement maitrisé et instaure une tension palpable : l’angle de la caméra est utilisé de la sorte pour rendre Karras possédé intimidant et particulièrement effrayant. Ses yeux jaunes sont intensément effrayants, et ses grognements tellement malfaisants. Egalement, la caméra embarquée qui montre la chute vertigineuse de Karras rend son suicide intense et nous démontre l’ampleur du sacrifice du prêtre.

En bref, l’Exorciste est un film d’horreur à ne rater sous aucun prétexte. Le scénario est parfaitement maitrisé, et l’histoire du roman de Blatty est respectée et mise en scène de façon magistrale. Cette dernière permet ainsi au film d’être effrayant et oppressant. Et personnellement, je ne me lasserai jamais de regarder ce film. Il a été pour ma part le tout premier film d’horreur que j’ai regardé ! Ah cela ne me rajeunit pas ! Des suites ont été réalisées, mais ne valent clairement pas le premier film ! L’Exorciste de Friedkin est encore considéré aujourd’hui comme la référence horrifique que réalisateurs et scénaristes s’inspirent encore.

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