Si Beale Street pouvait parler

Critique de « Si Beale Street pouvait parler » réalisé par Barry Jenkins

Après le chef-d’oeuvre oscarisé Moonlight, Barry Jenkins adapte un roman de son auteur préféré, James Baldwin, très connu aux Etats-Unis. Toujours centré sur les minorités, cette chronique d’un amour qui tente de surmonter toutes les embuches et les injustices est d’une délicatesse perçante.

Love always wins

Si Beale Street pouvait parler

Sources & Credits : allociné.fr

Ma note : 7 / 10

Allez-y si vous aimez : les histoires d’amour, les années 70, Moonlight.

A éviter si vous n’aimez pas : la violence qui se veut douce, une certaine lenteur, les films « anti-Trump ».

Avec Kiki Layne, Stephan James (La couleur de la victoire), Regina King (Seven Seconds), Colman Domingo (Fear the Walking Dead),…

Dans les années 70, à Harlem aux Etats-Unis, deux jeunes gens s’aiment éperdument et ce depuis toujours. Leur amour est fort et solide, et un bel avenir s’ouvre à eux avec l’arrivée d’un bébé ! Mais rien ne laisse présager que le jeune homme sera victime d’une erreur judiciaire, à savoir accusé de viol et donc incarcéré de force par les autorités. C’est l’histoire de ce combat vital, d’une lutte pour la vérité quand on est une personne de couleur dans un monde régi par le racisme.

Après Moonlight

Quand on a été séduit par Moonlight qui a remporté l’Oscar du meilleur film il y a deux ans, il est logique qu’on ait de très grandes attentes envers Si Beale Street pouvait parler. Toujours animée par des sentiments frustrés, et cette fois-ci adaptée d’un roman, cette histoire met en exergue les dysfonctionnements d’un pays où le racisme est au cœur des mentalités, voire même de sa politique. Avec la simplicité des émotions et la violence des injustices, Barry Jenkins pointe du doigt la condition de vie afro-américaine dans les années 70 par le biais d’une très belle histoire d’amour. Mais bien que passée, l’écho à notre actualité se fait sentir !

Si Beale Street pouvait parler

Sources & Crédits : allociné.fr

Un vrai geste artistique

« L’amour plus fort que la haine », voilà de quoi relate le film pour faire bref. Mais la mise en scène aiguisée et élégante du réalisateur fait toute sa force. Par ses plans serrés, propres et ses adresses caméra, il rend justice aux victimes d’une société paralysée et intolérante. Les séquences sont longues et bavardes, plus ou moins intenses, en désordre dans le temps, et témoignent de la force incassable des sentiments dans une infime douceur. Toute notion d’anéantissement ou de misérabilisme est mise de côté pour laisser place à l’espoir, à l’égalité et à la liberté, véhiculés par un pur amour.

Moi qui ne suis pas très sensible aux romances au cinéma, j’avoue que celle-ci se veut très touchante, exemplaire et efficace. Pas de pathos ni de déjà-vu ennuyeux, seulement une sincérité portée par deux superbes acteurs prometteurs, Kiki Layne et Stephan James. Et il ne faut pas oublier de mentionner la très belle partition de Nicholas Brittell qui accompagne cette bataille de vie de façon intemporelle.

La relève est-elle assurée ?

Personnellement, Si Beale Street pouvait parler se révèle moins percutant que Moonlight mais il prouve une nouvelle fois la grande maitrise de son réalisateur pour faire d’une inavouable vérité le cœur de son film. Le travail autour des personnages m’a beaucoup plu ; on y décèle une vraie recherche, une volonté de dessiner un portrait le plus juste possible. Regina King, dans le rôle de la mère par exemple, offre une performance remarquable car très compliquée. La beauté lyrique des images et des sentiments se marie parfaitement aux injustices violentes et soudaines, prenant alors des reflets réalistes surprenants.

Le réalisme se répercute aussi dans la longueur des séquences qui prennent le temps qu’il faut pour se développer. C’est à la fois une qualité mais aussi un défaut car ça plombe parfois le rythme, donnant l’impression de contempler une fresque stylisée aux dialogues à rallonge. Néanmoins, cela reste un très beau film, avec une vraie patte !

Si Beale Street pouvait parler remporte un prix, lequel serait-ce ?

Nominé aux Oscars du meilleur scénario adapté, de la meilleure musique et de la meilleure actrice dans un second rôle, je pense que le film a toutes ses chances pour Regina King !

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Entre les films d'horreur et les films d'auteur, mon coeur balance...

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