Affiche Bad times at el royale, Sale temps à l'hôtel El Royale

Critique de « Sale Temps à l’Hôtel El Royale » réalisé par Drew Goddard

Alors que le film a reçu des critiques plutôt négatives à sa sortie en France, il semblerait, après quelques semaines, que ce dernier se voit insuffler d’une certaine popularité. En effet, le film est bien plus « complexe » qu’un thriller lambda, et cela si l’on s’attarde un tant soit peu dessus. ATTENTION SPOILERS

1 – La réalisation

Le vendeur, le prêtre et la femme afro-américaine, Sale temps à l'hôtel El Royale

Sources & Crédits : Baldmove

Sale temps à l’hôtel El Royale est réalisé par Drew Goddard. Ce nom ne vous dit peut être rien et pourtant il devrait : il est le réalisateur de La cabane dans les bois, scénariste de Cloverfield, World War Z et Seul sur Mars et également créateur de la série Netflix, Daredevil. Drew Goddard nous livre ici une très bonne réalisation, crée des moments de tension et arrive même à faire sursauter (à défaut de la Nonne). Empruntant beaucoup à Shining pour l’ambiance isolée de l’hôtel et à Tarantino pour l’effet déjanté, il crée un univers réaliste et fascinant. Ayant écrit le scénario, il sait précisément ce qu’il souhaite montrer à l’écran ainsi que la manière de procéder. Il sera de retour en tant que réalisateur pour le film X-Force, équipe aperçue dans Deadpool 2.

2 – Le film tel qu’on le voit

Cynthia Erivo, Sale temps à l'hôtel El Royale

Sources & Crédits : IMDb

Nous voyons donc un thriller en huit clos, le croisement de plusieurs personnages aux caractères bien distincts et de multiples retournements de situation. A l’arrivée du titre du film on peut s’attendre à un film divisé en plusieurs chapitres et cela est bien le cas. A chaque nouvel arc, nouveau titre. Cela nous rappelle Tarantino et son incroyable Pulp Fiction.

Mais ici, il n’est pas question de bond dans le présent futur et passé, plutôt de mêmes événements vus de différents points de vue en fonction des personnages. Cela peut paraître ennuyant car l’action n’est pas constamment présente. La fin du film nous laisse avec deux personnages en vie et peut faire penser que tout ce que l’on vient de voir n’est pas très impressionnant.

3 – Le film tel qu’il doit être vu

Chris Hemsworth au sommet, Sale temps à l'hôtel El Royale

Sources & Crédits : Premiere

Le film critique ouvertement le pouvoir politique passé et actuel (Donald Trump). En effet, l’El Royale est un hôtel construit sur deux états, d’un côté le Nevada et de l’autre la Californie. Et cela en dit long sur les motivations du film, vu que les lois sont différentes cela montre que l’Amérique est un pays où le pouvoir importe plus que le respect de ses lois. Les personnages ayant tous un secret, bon ou mauvais, est encore une réflexion sur les dirigeants des États-Unis.

Alors que l’hôtel est sous surveillance d’une tierce organisation (le pouvoir politique par exemple), l’hôtel est occupé par un réceptionniste qui est en fait un ancien soldat américain ayant tué des centaines de personnes pour son pays et qui se drogue pour oublier. Un faux prêtre, ancien braqueur de banque, un vendeur d’aspirateur qui se trouve être un agent du FBI. Une femme qui a eu la vie dure à cause de son sexe et de sa couleur de peau et enfin une hippie qui fuit son passé. Alors là déjà, le reflet du rêve américain est perçu. Et encore plus lors de l’arrivée de Billy Lee.

Mais avant ça la hippie tire sur l’agent du FBI et le réceptionniste, preuve que l’Amérique attaque ses propres citoyens ? Billy Lee est une représentation de ce qu’est Charles Manson. Cela est d’autant plus flagrant que le film se déroule en 1969, pour plus de détail c’est par ici. Billy est le résultat de la politique américaine, dangereux, vu comme la réincarnation du christ par sa secte, il fait passer son message mais encore une fois ne l’applique pas, préférant s’en prendre aux faibles plutôt qu’aux dirigeants de son pays.

Et il y a l’histoire de la vidéo. L’hôtel ayant pour fonction première de compromettre des politiciens, il y aura une pellicule que tous les personnages verront. Dessus, un homme politique très célèbre, et mort. Un homme que l’on n’aurait apparemment pas pensé capable de ce qu’il y a sur ces images. Bien que l’on ne saura jamais l’identité de cet homme, il pourrait s’agir de John F. Kennedy. En effet, une photo de lui ainsi que de Marilyn Monroe peut être aperçue dans l’hôtel. De plus, les Kennedy ont vraiment côtoyé un hôtel se trouvant entre le Nevada et la Californie.

4 – Conclusion

Jeff Bridges essayant d'être discret, Sale temps à l'hôtel El Royale

Sources & Crédits : Geek Tyrant

En 2h22 de film, Drew Goddard a parfaitement montré les rêves brisés d’une Amérique semblant prise dans un cercle de meurtres, secrets et trahisons. Les acteurs sont tous excellents et le jeu de Chris Hemsworth est vraiment délirant. Est-ce que Goddard a voulu critiquer la situation de son pays avec humour alors que les événements sont horribles ? Cela est sans doute le cas. En tout cas si vous n’avez pas encore vu Sale temps à l’hôtel El Royale, foncez ! Pour ma part c’est l’un des meilleurs films de 2018 avec First Man.

Share

Rédacteur ciné mais pas que, car il faut, au mépris du danger, toujours avancer vers l'inconnu.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP Facebook Auto Publish Powered By : XYZScripts.com