My beautiful boy

Critique de « My Beautiful Boy » réalisé par Felix Van Groeningen

Pour son premier film américain, le réalisateur flamand Felix Van Groeningen s’attèle à un sujet sensible et pourtant déjà-vu récemment avec Ben is back où Julia Roberts combattait les mêmes démons. Ici, l’histoire se focalise sur la relation père-fils et se révèle plus émouvante.

Où est passé mon beau garçon ?

My beautiful boy

Sources & Credits : Allociné.fr

Ma note : 8 / 10

A voir si vous aimez : les beaux drames, les relations familiales, les mises en scène sobres.

A éviter si vous n’aimez pas : les flash-backs, trop de flash-backs, les mélodrames.

Avec Steve Carell (Bienvenue à Marwen), Thimothée Chalamet (Hostiles), Maura Tierney (« The Good Wife« ), Amy Ryan (Infiltrator),…

David et Nic ont un lien complice depuis sa plus tendre enfance. Le destin de ce dernier semble d’ailleurs promis à un avenir prestigieux. Mais tout ça s’effondre lorsque Nic commence à toucher à la drogue jusqu’à devenir accro et dépendant. Son père va alors tout faire pour le sauver, malgré le fait qu’il soit devenu un parfait étranger à ses yeux.

 

Dur, réaliste et sensible

Même si le thème a des airs de déjà-vu après le combat émotionnel de Julia Roberts dans Ben is back, My Beautiful Boy parvient tout de même à nous sensibiliser et à nous toucher. Ici, une relation père-fils extrêmement douloureuse est décryptée au peigne fin, entre souvenirs heureux et présent ravagé par la drogue. Ce montage déstructuré reflète les émotions contradictoires des personnages, entre amour et désarroi, douceur et douleur, lueurs d’espoir et grosses rechutes… Cette forme déstabilisante ne fait que nous mettre au diapason avec ce père face à la descente aux Enfers de son enfant, sujet à des addictions à diverses drogues. Le fait de perdre le contrôle d’une situation, de ne pas pouvoir aider un être cher au point d’abandonner toute tentative afin de se préserver soi-même et les autres membres de la famille, telle est la problématique du film.

Les émotions sont vives ; on passe facilement du rire rempli d’espoir aux larmes de désespoir. Le côté mélo peut d’ailleurs en rebuter quelques-uns, surtout lorsqu’on est sensible à cette musique omniprésente qui accompagne le récit. Accompagner la destruction de cette relation complexe et intime participe à notre engouement. Quand on sait que le scénario est adapté des écrits des deux principaux protagonistes, on ne peut que relever un côté « sans pitié », un réalisme accru qui secoue sans qu’on s’y attende vraiment. En confrontant le présent avec les souvenirs, la nostalgie devient violente, irrévérencieuse, désagréable. L’ambivalence de la mise en scène, des relations et de notre ressenti ne fait que rendre compte de l’impossibilité d’un retour à la normale…

My beautiful boy

Sources & Credits : Allociné.fr

Des performances qui remuent

Évidemment, tout cela ne serait rien sans le talent des acteurs. Steve Carell, humble et poignant, témoigne de toute la souffrance intérieure d’un père démuni et désemparé. A ses côtés, Thimothée Chalamet nous happe par sa composition difficile et émotionnellement forte. C’est débordant d’amour mais noyé sous des émotions contradictoires, douloureuses, involontaires et effrayantes. Maura Tierney, dans le rôle de la belle mère et de la nouvelle femme de ce père, bien qu’effacée dans la première partie, se révèle très juste et chargée de sens dans la seconde partie où la dégringolade s’accentue.

My beautiful boy reste un portrait cruel mais magnifique, sobrement mis en scène mais suffisant. Certes, quelques fioritures se promènent ici ou là mais la force sensible de cette réalité ne peut que nous percuter et nous faire rendre compte des dégâts d’un tel cercle vicieux et sans fond.

Si My Beautiful Boy remportait un prix…

Timothée Chalamet était pourtant parti favori pour les Oscars avec ses multiples nominations pour son rôle. Mais ça reste uniquement au stade des nominations. Il est d’ailleurs étonnant que Steve Carell n’ait pas été nommé, ne serait-ce qu’au Golden Globes, ou au BAFTA (équivalent des Césars au Royaume-Uni).

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Entre les films d'horreur et les films d'auteur, mon coeur balance...

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