Mon meilleur ami

Critique de « Mon meilleur ami » réalisé par Martin Deus

Mon meilleur ami est le premier long-métrage du réalisateur argentin Martin Deus. Tourné en Patagonie, il offre un paysage particulier pour cette amitié adolescente particulière.

Un récit sage sur la confusion des sentiments adolescents

Mon meilleur ami

Sources & Credits : allociné.fr

Ma note : 6 / 10

Allez-y si vous aimez : les récits d’adolescents, l’Argentine, la découverte d’un nouveau réalisateur.

A éviter si vous n’aimez pas : quand c’est trop quotidien, qu’on ne rentre pas au fond des choses, les lumières fluos.

Avec Angelo Mutti Spinetta, Lautaro Rodriguez, Guillermo Pfening, Moro Anghileri,…

Lorenzo est un ado discret, studieux, pas très doué en sport ni avec les filles. Ses parents vont accueillir pour une durée indéterminée Caito, qui se trouve être tout le contraire de leur fils : marginal, mystérieux et plus physique. D’abord sur la défensive, ils vont apprendre à se soutenir et à se connaitre, contre toute attente des adultes…

 

Trop simple pour rentrer dedans

Le premier terme qui me vient pour définir cette première réalisation argentine, c’est la simplicité. Tout y est très quotidien, sans artifice ni effet. Jonché d’ellipses, le scénario aborde la période adolescente, avec sensibilité et regard sur l’identité. On a l’impression que le réalisateur Martin Deus se contente de reproduire l’esquisse de ses souvenirs personnels sans évoquer les remous intérieurs. Voilà pourquoi on se sent trop souvent extérieur à l’action. Pourtant, on ne peut pas dire que cette amitié naissante laisse indifférent, ni que le cadre de la Patagonie ne soit déplaisant. Mais il y a cette danse pudique des sentiments qui ne transcende pas vraiment. Ou sinon, c’est très ponctuel et contenu.

Mon meilleur ami

Sources & Credits : allociné.fr

 

La fougue, les emportements émotionnels, les disputes, le mal-être sont comme tamisés et trop propres. Et c’est là que Mon meilleur ami aurait pourtant gagné en intensité et en émotion. Il y a de très belles scènes, où tout repose sur les non-dits, notamment entre les deux adolescents qui se découvrent dans leurs différences, s’influençant l’un l’autre ou encore la scène finale avec la mère qui ose enfin mettre des mots sur l’invisible sentiment de son fils.

Pas très marquant au final

Les acteurs sont attachants, justes, bien qu’un peu trop livrés à eux-mêmes j’ai l’impression. La direction d’acteur me parait un peu faiblarde, ce qui donne un côté très sage et simple au long-métrage. On remarque aussi un travail sur la lumière, parfois maladroit, qui rappelle les couleurs chaudes et criardes des films de Dolan. Quant aux musiques, des chansons argentines fades, elles m’ont souvent empêché de ressentir les émotions jusqu’au bout.

Mais malgré cette confusion de spectateur, Mon meilleur ami relate de la compréhension de l’autre dans sa différence, de l’entraide, des relations familiales et surtout de la confusion des sentiments adolescents. Tout ça sans ennui, déjà-vu, ou redondance… Il y a juste le ton qui, pour moi, aurait mérité d’être plus impulsif par moment.

Si Mon meilleur ami remportait un prix…

Meilleur quête identitaire adolescente.

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Entre les films d'horreur et les films d'auteur, mon coeur balance...

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