Le jeu

Critique de « Le Jeu » de Fred Cavayé

Remake d’une comédie italienne sortie en 2017, Le Jeu est la cinquième réalisation de Fred Cavayé qui a récemment signé la comédie Radin! avec Dany Boon. Huis clos aux allures théâtrales, cette grosse blague avec des bobos quadragénaires quitte bien vite la piste cocasse du vaudeville pour rejoindre le ton grinçant et féroce des mensonges et autres affaires de tromperies.

Vous en avez marre du Trivial Pursuit ? Ce jeu est fait pour vous !

Le jeu

Sources & Credits : allociné

Ma note : 7 / 10

Allez- si vous aimez : les comédies de personnages, les huis clos, les vaudevilles.

A éviter si vous vous n’aimez pas : les comédies dramatiques, le côté quadragénaire-bobo-parisien, les films qui vont rendre suspicieux(se) votre copain (copine) à la sortie de la salle.

Avec Bérénice Bejo (L’extraordinaire voyage du fakir), Suzanne Clément (Numéro une), Stéphane de Groodt (L’un dans l’autre), Vincent Elbaz (Daddy Cool), …

Une nuit d’éclipse lunaire, Marie et son mari invitent leurs amis de longue date pour le diner. Problèmes de couples et autres préoccupations sont mis de côté le temps d’une soirée jusqu’à ce qu’une idée de jeu pointe le bout de son nez ; les portables et toutes ses notifications deviennent public le temps du repas. Pour le meilleur et surtout pour le pire !

Un jeu…

A l’instar de Le prénom ou de Carnage, le décor unique de Le Jeu est un huis clos dans un appartement parisien, empêchant ainsi chaque personnage de fuir la situation présente. Ce qui s’annonce comme étant une bonne soirée entre amis tourne rapidement au cauchemar lorsque l’hôte propose de rendre public toutes les notifications reçues sur le portable de chacun. Telle une roulette russe infernale, les messages revêtent la forme de missiles qui vont venir imploser lors de ce diner bobo parisien. Au départ sympathique et n’allant pas au-delà des simples potins, le jeu se corse au fil de la soirée où quiproquos, coucheries et tromperies font l’objet de révélations inattendues.

Le jeu

Sources & Credits : premiere.fr

… de massacre.

Bien que le ton soit avant tout celui de la comédie, Le jeu tourne vite au vinaigre et, via les mensonges, les confrontations et les disputes, adopte une certaine gravité de façon assez surprenante. En effet, le huis clos permet d’observer à la loupe les différentes réactions des sept personnages qui sont un à un mis à nu. Aucune échappatoire possible sans enfoncer le couteau dans la plaie. Ce diner de fin de semaine se métamorphose en plaidoirie où fautifs et victimes s’affrontent face à leurs amis démunis. De façon subtile et assez intelligente, et ce, même si c’est parfois très prévisible, Le jeu aborde les thèmes du couple, de l’amitié, de la parentalité et du sexe sans jamais s’éterniser. Chaque acteur a d’ailleurs son moment à lui, faisant monter le calvaire jusqu’à un point de non-retour. Suzanne Clément en épouse désabusée et aigrie, Bérénice Bejo en mère incomprise et Grégory Gadebois en copain mis à l’écart restent les plus marquants et touchants de cette joute verbale.

Le jeu aurait surement perdu en efficacité sans cette fin originale qui confère au film un message, voire une morale qui laisse entendre que toute vérité n’est pas bonne à entendre. Constat plutôt désespérant de notre capacité à mentir, Le jeu s’avère juste avant d’être drôle. Mais, au grand plaisir de feu Aristote, la catharsis fonctionne ici à merveille et c’est assez jouissif de voir la tournure sérieuse que prend l’histoire…

Si « Le Jeu » remportait un prix…

Meilleure comédie française ? Meilleur remake ?

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