La favorite

Critique de « La Favorite » de Yorgos Lanthimos

Ce film historique retrace le destin d’une reine tombée dans l’oubli ; Anne, héritière de la lignée des Stuart. Yorgos Lanthimos a d’ailleurs tout fait pour s’éloigner des conventions du genre, quitte à en faire un film plus absurde et dramatique.

Un portrait royal anti-académique

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Sources & credits : allociné.fr

Ma note : 7 / 10

Allez-y si vous aimez : les films en costumes, la royauté anglaise, les jeux de trahisons.

A éviter si vous n’aimez pas : les partis pris excentriques, les histoires de femmes, les films à Oscar…

Avec Olivia Colman (Le crime de l’Orient-Express), Rachel Weisz (Le jour de mon retour), Emma Stone (Battle of the Sexes), Nicholas Hoult (No Way Out),…

Au début du XVIIIème siècle, alors que l’Angleterre est en guerre avec la France, la Reine Anne occupe le trône malgré sa santé fragile. Heureusement, à ses côtés se trouve Lady Sarah qui gouverne à sa place et prend les décisions importantes. Mais l’arrivée d’une nouvelle domestique va bousculer toute la hiérarchie établie… Un jeu de pouvoir malsain se met alors en place, où ambitions et valeurs sont remises en question !

De la dentelle

Favori aux prochains Oscars, La Favorite est un biopic historique élégant par sa forme et grinçant par son fond, qui se transforme en grande tragicomédie baroque, à la fois perverse et grivoise. Une chose est sûre, le réalisateur grec Yorgos Lanthimos fait tout pour traiter ce genre poussiéreux à contre-pied, quitte à en faire un objet d’expérimentation. Ainsi, les décors majestueux nous surplombent par les grands angles de caméra qui déforment toute perspective. L’absence de lumières artificielles donne du reflet aux scènes filmées à la lueur des bougies. Et la musique anxiogène participe à cette notion d’étouffement dans le vaste espace vide d’un Palais Royal. Ici, la politique est coupée du reste du monde et rime avec manipulation, passe-temps et cruauté…

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Sources & credits : allociné.fr

Tandem d’actrices au sommet !

Ces partis pris resserrent l’action sur ses trois personnages, cobayes des vices de la nature humaine en quête de pouvoir. Ce petit jeu de massacre ne serait rien sans son trio féminin indissociable, où chacune participe à sa manière à l’anti-conformisme moral de ce portrait royal. Olivia Colman, en reine instable et hystérique, est à la fois curieuse et touchante. Rachel Weisz, en femme de pouvoir déterminée, semble celle qui garde la tête froide tandis qu’Emma Stone dessine une véritable ascension sociale pour son personnage, accompagné de changements d’humeur étonnants ! Leurs relations vénéneuses et leurs dialogues punchys, marqués par un humour cru et extrême ont de quoi nous captiver.

Mais bizarrement, une impression de « pas assez »…

Personnellement, j’en attendais beaucoup plus ! Je pensais vraiment que La Favorite s’éloignerait de toutes conventions, surtout dans son final. Bien que l’action s’étende sur la durée et semble parfois tourner en rond, on ne s’ennuie pas. Mais la folie machiavélique, qui est pour moi simplement effleurée, manque cruellement à cette montée d’adrénaline. Dommage, car tous les ingrédients étaient là pour en faire quelque chose de plus rock’n’roll, en total désaccord avec le cadre spatio-temporel. J’avoue être resté sur ma faim et avoir trouvé l’ensemble trop sage malgré une maitrise parfaite et un plaisir jubilatoire du jeu.

Si La Favorite remportait un prix…

Golden Globe et BAFTA de la meilleure actrice pour Olivia Colman. BAFTA de la meilleure actrice dans un second rôle pour Rachel Weisz. Sans compter tous les prix techniques… La Favorite semble vraiment partie pour être le favori des Oscars avec 10 nominations à son actif !

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Entre les films d'horreur et les films d'auteur, mon coeur balance...

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