Edmond

Critique de « Edmond » réalisé par Alexis Michalik

Après sa pièce à succès qui retrace la création de l’une des pièces de théâtre les plus populaires de la littérature française, à savoir Cyrano de Bergerac, Alexis Michalik s’attaque au grand écran et qui plus est, à son premier film !

Un éloge épique du théâtre au cinéma !

Edmond

Sources & Credits : allociné.fr

Ma note : 7 / 10 et coup de cœur !

Allez-y si vous aimez : le théâtre et ses répétitions, la Belle Époque, les courses contre la montre !

A éviter si vous n’aimez pas : les grands nez, le cabotinage, l’envers du décor.

Avec Thomas Solivérès (Les aventures du Spirou et Fantasio), Olivier Gourmet (Un peuple et son roi), Mathilde Seigner (Coexister), Tom Leeb (Les nouvelles aventures de Cendrillon),…

Edmond Rostand, jeune auteur de théâtre de 29 ans, manque cruellement d’inspiration pour écrire une nouvelle pièce. Par un coup de chance, il rencontre un grand acteur à qui il souhaite proposer un rôle… rôle qui n’existe malheureusement pas encore sur le papier. Là s’engage une folie créatrice trépidante, une course contre la montre pour écrire un chef-d’œuvre face auquel tout le monde semble sceptique.

« C’est un roc ! … C’est un pic ! … C’est un cap ! « 

A l’instar de Shakespeare in Love où le mythique auteur anglais puisait son inspiration d’une jolie muse pour écrire le classique Roméo et Juliette, Edmond retrace la cocasse course contre le montre d’un jeune auteur en panne d’idées dans un Paris de la Belle Époque. Les premières minutes peuvent surprendre et faire douter, que ce soit dans le jeu singulier de certains acteurs, à priori pas « cinéma » pour un sous, ou pour son côté « fabriqué », une reconstitution de bric et de broc où les ficelles sont trop visibles. Autant dire qu’on ressent les origines théâtrales du projet.

Edmond

Sources & Credits : allociné.fr

« Que dis-je, c’est un cap ? … C’est une péninsule ! »

Mais bien vite, un rythme haletant prend forme en plus d’un attachement à cette troupe de théâtre. L’urgence dans laquelle s’est engouffrée ce jeune auteur devient un enjeu de taille, mais d’autant plus plaisant pour le spectateur, qui en profite pour traverser les coulisses de cette grosse machine scénique. Comme le dit si bien un personnage, « L’art du théâtre est un art éphémère » et Edmond rend si bien hommage à l’investissement et à la surcharge de travail qui précède une représentation, qui se trouve être un moment suspendu dans le temps.

Cet éloge au théâtre, en plus, est accessible à tous, connaisseur ou non de l’œuvre, car il se veut fort comique, voire cabotin il faut l’avouer. Cette comédie est un beau spectacle rempli de bons sentiments, d’espoir et de rêve. Certes, ça parle surtout de théâtre mais Michalik, par sa première réalisation, signe une épopée romanesque, jubilatoire et dépaysante. Par ailleurs, cette dernière s’inscrit fièrement sur grand écran ! Niveau mise en scène, j’ai particulièrement été séduit par le torrent de création précédant le soir de la première, avec comme fond le fameux Boléro de Ravel ! Épique !

Un casting surprise qui en met plein les yeux !

L’un des grands atouts de l’œuvre provoquant une telle surprise réside dans son casting. Celui-ci donne à cette histoire vraie un tambour battant. Déjà, Mathilde Seigner, en actrice insupportable, surprend par son auto-dérision ! Clémentine Célarié est totalement inattendue en Sarah Bernhardt mais prouve avec un plaisir du jeu qu’il n’y avait pas besoin de mettre Fanny Ardent ou Juliette Binoche dans ce rôle. Pareil pour les seconds rôle tenus par Tom Leeb, Lucie Boujenah et Alice de Lencquesaing, nouvelles têtes qui font du bien même si leur jeu est parfois déroutant. Olivier Gourmet, en grand acteur, est magistral et très touchant. Enfin, Thomas Solivérès, dans le rôle titre, étonne surtout quand on connait ses précédents rôles comiques, mais il gère dans ce rôle de chef d’orchestre qui avance à l’aveugle.

Si Edmond remportait un prix…

Meilleurs décors ? Meilleure adaptation ? Peut-être. Meilleur acteur dans un second rôle pour Olivier Gourmet ? Oh que oui.

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Entre les films d'horreur et les films d'auteur, mon coeur balance...

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