Border

Critique de « Border » réalisé par Ali Abbasi

Récompensé par le Grand Prix d’Un Certain Regard lors du derniers Festival de Cannes, Border s’est avant tout fait remarquer pour son contenu hybride et extrêmement atypique. L’histoire est tirée d’un récit de John Ajvide Lindqvist, qui avait également écrit l’histoire de vampire Morse, réalisée en 2008 puis en 2010 aux États-Unis sous le titre Laisse-moi entrer.

La beauté du hors-norme

Border

Sources & Credits : allociné.fr

Ma note : 8 / 10

Allez-y si vous aimez : être surpris, les fables, le mélange des genres.

A éviter si vous n’aimez pas : sortir de votre zone de confort, les monstres, le pays d’Ikea.

Avec Eva Melander, Eero Milonoff, Jörgen Thorsson, Ann Pétren,…

En Suède, Tina est douanière et grâce à un don inné, un odorat redoutable, elle perçoit la moindre culpabilité, la moindre honte. Mais, quand Vore, un homme à l’apparence suspecte mais à la fois familière fait son arrivée, ses sens sont troublés pour la première fois. Alors qu’elle décèle quelque chose de suspect, elle ressent aussi une étrange attirance pour lui…

 

Enchainement de surprises !

Border est sans doute le film le plus étrange, dérangeant et singulier que j’ai vu ces dernières années. Une chose est sûre, il ne laisse pas indifférent : on adore ou on déteste. Tout est si peu prévisible dans ce mélange des genres qu’on a l’impression de perdre pied par moment, mais les risques sont si bien relevés qu’on ne peut que reconnaitre le talent du réalisateur Ali Abbasi. Passant du drame social à l’intrigue policière, puis de la romance au fantastique et à l’horrifique, Border coule de source et réactive avec une grande originalité un héritage mythologique européen trop souvent banalisé. L’histoire surprend et déstabilise car elle démarre dans notre réalité, notre présent pour emprunter des chemins insoupçonnés et inimaginables. Une sorte de délire organique hideux mais surtout fascinant et poétique !

Border

Sources & Credits : allociné.fr

Les notions d’identité et de tolérance sont au cœur de ce récit. L’humanité dans le monstre, la monstruosité dans l’humain ; des thèmes qui apparemment paraissent commun à notre culture cinématographique. Mais la mise en scène est si audacieuse, l’histoire d’amour si inhabituelle qu’on ne peut que rester éberlué, voire même un tantinet sonné en sortant de la salle, convaincu d’avoir vu une forme hybride d’une grande rareté.

Mélange des genres pour un Grand Prix !

La performance des acteurs est relevée, puissante. L’antithèse entre le rapport à la nature verdoyante et l’horreur humaine saute aux yeux ! L’intrigue policière, cruelle mais réaliste, s’imbrique parfaitement à la touche de merveilleux. La magie devient donc plausible et concrète. Le côté surnaturel est si inattendu qu’il brouille toutes les pistes et rend cette spirale infernale et imprévisible. C’est du jamais vu. C’est parfaitement maitrisé. C’est beau ! C’est touchant ! Mais c’est aussi effrayant et repoussant par moment. En fait, je vous recommande d’aller voir Border ne serait-ce que pour l’état de confusion dans lequel il nous plonge avec aisance. Ali Abbasi a mérité son Grand Prix, je le confirme ! J’attends avec impatience ces prochaines histoires bizarroïdes et hors-normes.

Si Border remportait un prix…

Le César du meilleur film étranger après le Grand Prix… Affaire à suivre très prochainement !

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Entre les films d'horreur et les films d'auteur, mon coeur balance...

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