Bienvenue à Marwen

Critique de « Bienvenue à Marwen » réalisé par Robert Zemeckis

Adapté d’une histoire vraie, Bienvenue à Marwen est un curieux mélange de motion capture dans un monde imaginaire animé par des poupées et des prises de vue réelles. C’est encore plus étonnant quand on s’aperçoit que c’est Robert Zemeckis (Retour vers le futur, Forrest Gump, Alliés,…) qui est aux commandes !

L’imaginaire comme auto-thérapie

Bienvenue à Marwen

Sources & Credits : allociné.fr

Ma note : 7 / 10

Allez-y si vous aimez : les histoires vraies étonnantes, la force de l’imaginaire, les poupées.

A éviter si vous n’aimez pas : les maladies mentales, les comédies dramatiques, …

Avec Steve Carell (Vice), Leslie Mann (Contrôle parental), Janelle Monae (Les figures de l’ombre), Merritt Wever (Mon âme soeur),…

 

Mark Hogancamp, amnésique suite à une agression violente dont il n’a plus que de vagues souvenirs, passe ses journées à construire et à raconter l’histoire d’un village belge lors de la seconde guerre mondiale. Les habitants de ce décor imaginaire correspondent en fait à ses proches, à lui-même et à ses agresseurs. Marwen devient alors une auto-thérapie bienveillante et complexe, indispensable à son nouveau mode de vie.

 

L’art de jouer à la poupée

Bienvenue à Marwen étonne avant tout par sa forme mais aussi par son histoire hors-du-commun, qui s’avère vraie. Entre un monde imaginaire fait de poupées et de décors minuscules et une réalité plus sordide et cruelle, le personnage principal s’est inventé sa propre thérapie pour gérer au mieux son amnésie suite à son accident. Traité de façon légère, souvent décalé avec ces doubles miniatures plus forts et plus aventureux, cette histoire nous touche quand on découvre ce qui se cache derrière cette forme à priori enfantine.

Cette célébration de la force de l’imagination sous-entend les thèmes de la maladie mentale, du post-traumatisme et de la reconstruction. La folie devient art, le jeu de rôle une voie vers la guérison. Il y a une grande part de mystère, bien sûr, autour du cadre spatio-temporel du petit village belge pendant la Seconde Guerre Mondiale mais aussi autour du personnage de Diane Krüger, poupée-sorcière, n’ayant pas de réel double. Et voir Zemeckis aux commandes de cette forme hybride, atypique et assurément féministe ne fait qu’attiser encore plus notre curiosité.

Bienvenue à Marwen

Sources & Credits : allociné.fr

L’impression de rester à la surface

Ce qui peut paraitre redondant, ce sont les nombreux allers-retours du monde réel au refuge fictif. Ça apporte parfois des longueurs dans les dialogues, ainsi qu’une confusion dans les genres un peu déroutante. La part psychologique du récit aurait pu gagner en profondeur et en complexité. Steve Carrell, dans ce double rôle, est brillant et aurait été largement capable de se frotter un peu plus à l’ambivalence mentale de son personnage. Cet attroupement de femmes bienveillantes et rassurantes agit comme un remède des plus efficaces sur ce dernier et on aurait aimé plus d’égalité et de singularité entre chacune d’elles, car elles sont parfois cantonnées à de la figuration.

Belle surprise quand même

Néanmoins, ce récit est pour le moins inattendu et séduisant, que ce soit par ses nombreux motion capture ou son récit troublant. Les effets visuels sont excellents, si bien qu’on s’y croit ! La douleur est ici traitée d’une façon joyeuse et violente, entre clin-d’œil, aventures et retours à la réalité qui secouent. J’aurai personnellement aimé voir plus, être davantage happé mais bon quand c’est Zemeckis qui réalise, on ferme sa bouche !

Si Bienvenue à Marwen remportait un prix…

Les motion capture sont dingues ainsi que la conception des décors de ce mini-monde…

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Entre les films d'horreur et les films d'auteur, mon coeur balance...

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