Alpha

Critique « Alpha » de Albert Hughes

Première réalisation en solo de Albert Hughes (après From Hell et Le Livre d’Eli, entre autres), Alpha nous plonge dans un monde préhistorique aux univers visuels marquants. Privilégiez la 3D ou l’IMAX si vous en avez l’occasion.

Alpha bête ?…

Affiche du film Alpha

Source & Credits : Allociné

Ma note : 4 / 10.

Allez-y si vous aimez : l’âge de pierre, les quêtes initiatiques, le meilleur ami de l’Homme.

A éviter si vous n’aimez pas : les images de synthèse, la faune et la flore, le silence.

Entre Marley & Moi et 10 000, Alpha raconte la quête initiatique du fils chétif d’un chef de tribu lors de l’ère Paléolithique. Guidé et protégé par son père, il se retrouve livré à lui-même en pleine nature et contraint de faire face au danger et à l’apprivoiser. Par sa bande-annonce, ce film d’aventure séduit par son cadre spatio-temporel rare et sa patte graphique singulière.

Mais l’univers visuel ne fait pas tout…

La première réalisation en solo de Albert Hughes nous transporte dans un autre temps tout en revisitant les valeurs précieuses de l’Homme avec l’animal, et ce, sans vraiment convaincre car tout est tartiné à foison d’images de synthèse. Ce qui apparait au départ comme une signature originale se transforme en un trop plein d’esthétisme, que ce soit dans les multiples plans du ciel peinturluré ou encore dans ceux du loup domestiqué. Toutes les réactions de ce pauvre toutou sont faussées par des couinements rajoutés en post-production. Pour ma part, c’était de trop et ça m’a empêché de m’attacher à cette relation naissante.

C'est vrai qu'à première vue, c'est une belle image ! Alpha

Source & Credits : IMDB

On sent que tout a été tourné en studio et le bon bol d’air frais devient rapidement bourratif. C’est dommage car on perd en authenticité là où la simplicité aurait pu être mieux assimilée.

Les costumes, eux aussi, sont très contemporains (belles vestes fourrées avec capuche et moumoutes ! Ah, on sait pas faire du feu mais on sait coudre des vêtements !) et ne sont nullement représentatifs de l’allure visuelle d’un homme préhistorique. Les acteurs semblent tout droit sortis des séries Viking et Game of Thrones, avec le style et la classe qui vont avec.

Alpha ne va pas jusqu’à surprendre mais Kodi Smit-McPhee, par son innocence juvénile, nous embarque dans sa lutte pour survivre et dans sa complicité naissante avec ce qui fût auparavant son ennemi. En faisant abstraction du côté kitsch de la réalisation, cette dernière instaure un cadre instable, bien rythmé et imprévisible jusqu’à un dénouement malheureusement attendu. Pour moi, l’émotion est absente car on ne nous laisse pas s’attacher aux personnages, sûrement trop distancié par ce trop plein d’images ponctuelles et picturales.

Kodi Smit-McPhee et son nouveau compagnon de route

Source & Credits : IMDB

En bref, ce film d’aventure ne prend pas les risques escomptés pour nous dépayser totalement. Ce qui paraissait être le point d’ancrage du film, à savoir l’affirmation de l’Homme face aux espèces vivantes, devient en fait une simple situation d’un film déjà démodé sur la Préhistoire.

Si « Alpha » remportait un prix…

Sans doute celui des meilleurs effets visuels. Si on regarde le film sous cet angle, c’est vrai qu’il y a ici pléthore de belles images. Irréalistes la plupart du temps, certes, mais belles images quand même !

Share

Entre les films d'horreur et les films d'auteur, mon coeur balance...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP Facebook Auto Publish Powered By : XYZScripts.com