Creed 2

Creed II : Un Round Gagnant – critique

Creed fut une très belle surprise. Trois ans après le succès inattendu du film de Ryan Coogler, Adonis revient sur le ring, et cette fois-ci avec Steven Caple Jr. aux commandes. Mais que vaut ce nouvel opus de la saga Rocky ?

Sorti de nul part et réalisé par un Ryan Coogler presque inconnu à l’époque, Creed fut un réel succès critique et commercial. Le film réussit son pari, celui de ressusciter la saga Rocky depuis Rocky Balboa (2006). Plus qu’un film de boxe, Creed est un film sur la transmission, la famille, racontant l’histoire d’un jeune homme qui a tout à prouver mais à qui la vie ne lui laisse pas sa chance. Creed, c’est aussi l’histoire de ce champion du passé, se laissant peu à peu mourir jusqu’à ce que ce jeune homme lui redonne l’envie de se battre. Creed était donc véritablement l’héritage de la saga Rocky Balboa. Mais que doit-on penser de ce nouvel épisode, renouant avec les fantômes du passé ?

Creed 2

Sources & Crédits : yosoyungamer.com

Un film qui renoue avec son passé

 La vie est devenue un numéro d’équilibriste pour Adonis Creed. Entre ses obligations personnelles et son entraînement pour son prochain grand match, il est à la croisée des chemins. Et l’enjeu du combat est d’autant plus élevé que son rival est lié au passé de sa famille. Mais il peut compter sur la présence de Rocky Balboa à ses côtés : avec lui, il comprendra ce qui vaut la peine de se battre et découvrira qu’il n’y a rien de plus important que les valeurs familiales.

Adonis est donc maintenant le champion du monde des poids lourds. Il n’a plus rien à prouver, c’est devenu l’un des plus grands champions de tous les temps. Mais l’arrivée de Victor Drago, fils d’Ivan Drago, lui-même l’antagoniste de Rocky IV et ayant tué Apollo Creed, le père d’Adonis, va tout remettre en cause. Vous vous en doutez, l’intrigue de ce Creed II ne brille pas pour son originalité. Celle-ci est cousue d’un fil blanc et le dénouement est très rapidement prévisible. Mais cela n’entrave rien au plaisir que procure le film.

Tout au long du récit, on essaye de redéfinir les règles manichéennes de Rocky IV. Ainsi, Victor et Ivan Drago sont des personnages attachants, avec un réel enjeu et drame familiale. Les premières minutes du film, montrant la relation complexe entre le père et le fils est frappante par son envie de démystifier ce qui a été annoncé. Ils ne sont pas un prétexte pour un énième combat d’Adonis, ils seront plutôt un moyen pour que le spectateur remette en question ses préjugées sur des personnages bien plus humains que ce qu’il n’y paraît.

Creed 2

Sources & Crédits : cineserie.com

Un héros plus torturé qu’il n’en a l’air

La remise en question et le rôle du père sont au cœur de ce nouvel opus. Le personnage d’Adonis, très critiqué pour ce nouvel épisode, est peut-être le plus complet et touchant. Oui, il se comporte comme un gamin gâté. Oui, Rocky et les autres personnages du film sont obligés de lui rappeler sans arrêt pourquoi il se bat. Mais Adonis, qui croyait avoir fait ses preuves en devenant champion du monde, se rend vite compte que ce n’était pas là son objectif. Il en veut au monde entier, est tout le temps en colère.

Mais sa colère, ses caprices, manifestent un manque chez le personnage qu’il ne peut pas combler, celui d’un père. Adonis ne s’exprime pas, refoule ses sentiments, mais dès lors qu’il a l’opportunité de s’exprimer, de revenir à la source de ce manque, c’est-à-dire Ivan Drago, il s’emporte. Le film sera comme un parcours de rédemption pour nos personnages, quelque soit leur coin du ring. 

Rocky s’efface peu à peu dans ce nouvel opus. Cette figure paternelle cherche à retrouver ses racines et son fils Robert. Le thème de la paternité est d’autant plus présent grâce à lui. Rocky n’a pas un grand rôle dans ce film, mais sa place d’entre-deux entre Apollo et Adonis est à vrai dire touchante. C’est un réel père de substitution pour Adonis, et il ne l’aidera non pas que sur le ring, mais aussi à encaisser les coups durs de la vie.

Des scènes d’une ampleur phénoménale

Creed II tient son contrat quant à la réalisation. Nous sommes bien loin du génie de Ryan Coogler quant à la mise en scène et avons parfois l’impression que le réalisateur de ce nouvel opus s’est mis en mode pilote automatique. Les scènes sur le ring sont par exemple très bien travaillées. Nous sommes là aussi loin du travail dans le premier film mais quelques nouveautés (dont la caméra subjective) sont plaisantes à voir. C’est visible, mais parfois assez brouillon malheureusement.

Il n’empêche que certaines scènes sont d’une puissance sans nom. En dehors d’un training montage très entraînant et mémorable, certaines scènes, comme celle d’Adonis et de sa fille à la salle de sport, ou encore la séquence d’introduction, sont de réelles claques pour le spectateur. Dans Creed II, comme dans toute la saga Rocky, tout passe par l’émotion. Et cela n’étonnera personne que Creed II vous fasse couler une ou deux petites larmes, tant les thèmes qu’il aborde sont sensibles et biens travaillés.

Un petit mot sur la bande-originale du film. Moins marquante que celle du premier opus, elle reste tout de même percutante par la diversité de ce qu’elle propose. Le thème d’Adonis est réutilisé et réorchestré pour donner des moments d’une grande puissance émotionnelle énorme. Enfin, c’est avec un énorme plaisir que nous réécoutons certains thèmes marquants de la saga Rocky.

QUE FAUT-IL RETENIR ?

Creed II ne fait malheureusement pas mieux que son prédécesseur. Mais il fait honneur à la saga Rocky et à son héritage grâce à des personnages d’une force sans-précédent et des thématiques exploitées avec brio. 

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Rédacteur comics et cinéma chez MugMoi !

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