L'ombre d'Emily

Critique de « L’ombre d’Emily » de Paul Feig

Connu pour ses comédies grand public et décalées (Mes meilleures amies, Les flingueuses, Spy, SOS Fantômes), Paul Feig s’essaye ici au thriller mais sans pour autant abandonner l’humour qui le caractérise. Bien que le scénario ait des airs de Gone Girl de David Fincher, le réalisateur s’est vraiment approprié cette histoire via un tandem féminin des plus savoureux, explosifs et drôles. Dans L’ombre d’Emily, la confusion des genres promet une intrigue au ton inhabituel et au suspense bien dosé.

Comédie noire

L'ombre d'Emily

Sources & Credits : allociné.fr

Ma note : 6 / 10

Allez-y si vous aimez : le mélange des genres, les duos de choc, les martinis à toutes heures !

A éviter si vous n’aimez pas : les films qui partent dans tous les sens, les chansons françaises et… les martinis !

Avec Anna Kendrick (Pitch Perfect 3), Blake Lively (Instinct de survie), Henry Golding, Bashir Salahuddin (« GLOW »),…

Dans une banlieue résidentielle, deux mères de famille totalement opposées vont devenir meilleures amies. Mais Emily cache de lourds secrets et finit par disparaitre du jour au lendemain, laissant alors son mari, son fils unique et sa meilleure amie Stéphanie dans le doute. L’enquête, qui envisage la possibilité d’un meurtre, se met alors en place pour comprendre ce qui est vraiment arrivé à Emily…

Duo de choc au sommet !

Avec un démarrage sur les chapeaux de roues, L’ombre d’Emily titille notre curiosité grâce à l’énergie diamétralement contraire de ses deux principales protagonistes. En effet, l’une se charge du rôle comique et pétillant tandis que la seconde endosse l’aspect mystérieux et dramatique. Stephanie (Anna Kendrick), la boute-en-train, est vlogueuse et on suit l’évolution de l’enquête par le biais de ses vidéos et de ses états d’âme. Emily (Blake Lively),quant à elle, chef du personnel dans une boite de mode, est égoïste et manipulatrice. Derrière sa beauté fatale se cache un lourd passé que de nombreux flash-backs viennent éclaircir. Leur relation est ambiguë, complexe, inégale et surprenante et on se plait à voir comment celle-ci va changer. Jonglant constamment entre deux univers, l’un pulsé par les réactions très drôles de Stephanie et l’autre assombrit par les réactions froides et tranchantes d’Emily, ce film se renouvelle constamment et convainc jusqu’à la bonne moitié du film. Quand le thriller toque à la porte de la comédie, le suspense se fait sentir, donnant alors l’eau à la bouche pour la suite.

De plus, la présence de nombreuses musiques françaises dans la bande originale accentue la différence entre les deux mondes du binôme : de Serge Gainsbourg à Jacques Dutronc en passant par France Gall et Coeur de Pirate, il y en a pour tous les goûts ! C’est un choix assez séduisant, mais aussi bizarre d’entendre ces chansons mythiques dans une production américaine.

Un point a cependant retenu mon attention dans le scénario : c’est la manie qu’a le personnage de Stéphanie à sans cesse s’excuser pour tout, ce à quoi le personnage d’Emily lui répond en permanence « Arrête de t’excuser ». Ces quelques répliques, bien que contribuant au comique de répétitions, font échos à une actualité où les femmes s’affirment de plus en plus, pouvant être aussi puissantes et imposantes que des hommes. Ce clin d’œil malin est salutaire et servi par deux actrices charismatiques qui dressent deux beaux portraits de femmes fortes.

L'ombre d'Emily

Sources & Credits : leparisien.fr

Une seconde partie beaucoup moins pertinente

Mais l’état d’excitation et d’impatience dans lequel j’ai été s’est mystérieusement dissipé pour laisser place à de la déception due à une impression de « trop gros pour être vrai ». Le personnage de Stephanie, si attachant et gentil, prend du poil de la bête et part mener sa propre enquête. Déjà là, on du mal à y croire vu sa nature frêle et influençable. Et tout s’enchaine trop vite dans ses découvertes, laissant deviner les nombreuses coupes faites au roman dont l’histoire est tirée. Beaucoup de personnages secondaires viennent lever le voile sur Emily mais sans qu’on s’attarde sur leur contribution à l’enquête. Alors que le début prenait vraiment le temps d’installer le décor et ses principales protagonistes, la seconde partie va beaucoup trop vite pour qu’on trouve l’ensemble cohérent.

De plus, le dénouement s’avère décevant et assez abracadabrantesque avec les personnages qui règlent leurs comptes en huis clos d’une façon totalement incohérente. Et les touches d’humour trash faisant écho aux précédents films du réalisateur lors de la scène finale gâchent tout le côté thriller et sombre… C’est vraiment dommage car l’équilibre entre les genres était très bien maitrisé depuis le début. Mais on retiendra le peps de ce duo de choc et la mise en scène électrique de Paul Feig. Il y a plus de bon que de mauvais dans L’ombre d’Emily car il faut avouer que c’est une bonne surprise malgré un dénouement plutôt décevant.

Si L’ombre d’Emily remportait un prix…

Meilleur duo de choc ?

 

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Entre les films d'horreur et les films d'auteur, mon coeur balance...

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