La mule

Critique de « La mule » réalisé par Clint Eastwood

Désormais âgé de 88 ans, Clint Eastwood endosse à nouveau la double casquette de comédien-réalisateur dans un road-movie existentiel. Rattrapant son raté 15h17 pour Paris, il touche et surprend dans son rôle de papy chez les narcotrafiquants !

Qui a dit que les retraités se la coulaient douce ?

La mule

Sources & Credits : allociné.fr

Ma note : 7 / 10

Allez-y si vous aimez : le films de et avec Clint Eastwood, le mélange de genre, les cartels mexicains.

A évitez si vous n’aimez pas : les vieux acteurs, les road-movies, les insultes espagnoles.

Avec Clint Eastwood (Une nouvelle chance), Bradley Cooper (A Star is Born), Michael Pena (Ant-Man et la Guêpe), Laurence Fishburne (Ant-Man et la Guêpe),…

Fauché et seul, un ancien vétéran accepte un boulot de chauffeur sans savoir qu’il est en fait passeur pour le cartel mexicain. Efficace car passe-partout par son âge avancé, ses missions s’accumulent et deviennent de plus en plus dangereuses. Cible numéro une de la police et en mauvais terme avec son passé, le vieil homme semble s’enfoncer progressivement dans un piège sans retour…

Contempler le Monstre du cinéma américain…

Voir Clint Eastwood à l’écran stimule une certaine admiration pour ce monstre du cinéma américain. Ses derniers films, tout comme ses prestations qui se font de plus en plus rares, endossent la responsabilité d’histoires vraies, rendant hommage à des actes insolites ou de bravoure d’américains populaires ou non. Ici, il se fond dans la peau d’un passeur de drogues des cartels mexicains, passé longtemps inaperçu aux yeux des autorités grâce à son grand âge.

Sous des airs de chasse-à-l’homme, La mule est avant tout l’histoire d’un homme qui n’a plus rien à perdre, esseulé et démuni. Le portrait de ce vieil homme en quête de rédemption se révèle touchant, saupoudré d’autodérision et de répartie inattendue. Eastwood se montre sous un jour plus sensible, moins autoritaire et borné que dans Gran Torino où il jouait aussi un ancien combattant. C’est une belle performance où l’acteur se lâche dans son jeu, donnant ainsi un plaisir de vivre épanouissant à son personnage.

La mule

Sources & Credits : allociné.fr

Mélange des genres

Étonnement, le drame familial ainsi que tout le passé du personnage principal s’impose comme plus poignant que le film de drogue à la violence banale. Certes, par ce genre prévisible, le réalisateur pointe du doigt une réalité sociale d’une Amérique difficile où les citoyens du troisième âge survivent dans des conditions rudimentaires. L’émotion se marie aisément à la drôlerie, ce qui créé un décalage intéressant qui constitue toute l’ampleur du film. Le road-movie, quant à lui, segmenté en « missions », offre des paysages plutôt répétitifs mais aux enjeux existentiels. Fuir pour refouler ses problèmes… Rester occupé pour ne pas sombrer…

La facture classique de La mule est respectable, propre et maitrisée. Il y a un vrai plaisir à regarder ce film, entre déchirures intimes et violences des narcotrafiquants. Un suspense et une certaine tension découlent de cet étrange mélange, tout en préservant un ton léger, ceci étant surtout dû au décalage de son personnage. Bon, par contre, le monstre fait un peu d’ombre à ses partenaires de jeu qui s’avèrent moins percutants dans leurs rôles : Bradley Cooper et Laurence Fishburne en deviennent presque anecdotiques ! Mais on sent l’investissement personnel de Eastwood pour cette œuvre, autant devant que derrière la caméra. L’humain est ici beau, complexe, contradictoire. Et le prix à payer suite à nos choix est fièrement illustré dans la scène finale. Un beau miroir sur nous-même.

Si La mule remportait un prix…

Même si ça parait obsolète de récompenser Clint Eastwood pour son œuvre, celui-ci ne démériterait pas !

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Entre les films d'horreur et les films d'auteur, mon coeur balance...

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