recopiage

Le recopiage sur Internet

Internet est un vaste endroit, où chacun partage à peu près ce qu’il désire. Tant et si bien que la question de droits d’auteur passe parfois aux oubliettes, entre autre. Aujourd’hui nous allons parler d’un cas bien particulier : le recopiage/la reproduction sur Internet !

Le sujet est bien souvent méconnu, et mérite d’être abordé. Beaucoup d’artistes en sont victimes, et finalement, le problème n’est pas connu de tous : le recopiage (ou reproduction) sur Internet, les problèmes que cela apporte, et les solutions pour y « remédier ». Cet article se veut bienveillant et informateur, il s’agira donc de conseils qui seront évoqués, et non d’ordres. De plus, n’étant pas professionnels sur le sujet, nous n’aborderons ici que ce qui serait bien de faire, sans entrer dans le détail des lois.

Tout d’abord, qu’appelle t-on « recopiage » ?

Dans cet article, le mot « recopiage » a un sens très vaste, et sera utilisé pour décrire plusieurs actes. Tout d’abord, l’acte de « décalquer » une œuvre. Il s’agit là de reproduire à l’identique l’œuvre, en superposant sa feuille (digitale ou traditionnelle) sur l’œuvre originale, et en repassant trait sur trait ladite œuvre. Par ailleurs, « décalquer » semble être une insulte pour ceux qui ne font « que » recopier.

Et justement, parlons de cette deuxième catégorie : les recopieurs. Eux prennent une œuvre originale et tentent de la refaire à l’identique, mais cette fois-ci sans s’aider de calques. Ils vont faire ça à l’œil. Cela demande plus d’entraînement qu’un simple décalquage, et c’est souvent ce qui les rend fiers.

Enfin, le RPC et tout ce qui y touche, consiste en un mélange de recopiage et d’originalité. Ici, il est question de prendre une base avec une œuvre originale, puis de la modifier pour en faire une œuvre plus personnelle. L’exemple le plus simple concerne les personnages : un moment où un personnage fait telle action est pris, on va recopier sa pose, sa posture, ses mouvements, mais modifier ses cheveux, ses yeux, peut-être même ses vêtements, jusqu’à ce qu’il s’agisse de notre personnage.

Le recopiage est-il complètement nocif ?

C’est la première question que nous allons nous poser. Bien évidemment, la réponse est non. Le recopiage en lui-même n’est pas forcément nocif, et heureusement ! D’ailleurs, chaque artiste, ou la plupart au moins, a commencé par reproduire quelque chose. C’est avant tout une source d’entraînement : tout le monde n’a pas commencé par créer des originaux.

Le recopiage permet ainsi de s’entraîner. On apprend beaucoup de choses du recopiage : placer les traits au bon endroit, améliorer petit à petit ses proportions, apprendre à placer correctement les yeux, la bouche, apprendre également la pose des ombres, des couleurs… Il s’agit là d’une vraie base pour commencer le dessin, et s’améliorer. Mais comme dit, il s’agit là d’un entraînement : l’on ne doit pas rester bloqué toute sa vie sur du recopiage, sous prétexte que cela donne enfin quelque chose de concluant. Le recopiage n’est qu’une base, dans le but de créer plus tard quelque chose de complètement original.

Dans ce cas, quel est le problème du recopiage ?

Le principal problème du recopiage concerne les artistes originaux. Si le recopiage n’est pas un problème à l’échelle personnelle, il en est autrement lorsque l’œuvre recopiée est rendue publique : ce qui est bien souvent le cas. En effet, les recopieurs sont souvent très contents de leur travail, et le partagent donc.

Le souci étant que la plupart du temps, ils ne créditent pas l’œuvre originale. Ils ne l’évoquent jamais, ne précisent pas qu’il s’agit d’une reproduction, et donc, bien évidemment, ne parlent pas de l’artiste original. Dans l’idéal il faudrait demander l’autorisation de l’artiste, et, dans le pire des cas, le minimum est de le créditer : ils ne font ni l’un ni l’autre.

Il s’agit de base de quelque chose d’illégal. L’œuvre appartient uniquement à son créateur, et toute copie sans son consentement constitue donc un énorme problème, vis-à-vis de ses droits d’auteur.

A partir de là, il y a deux sortes de copies. Les copies d’œuvres connues, comme une scène d’un anime par exemple, et les copies d’artistes. Les artistes créent leur univers, mais également des fanarts : ce sont le plus souvent ces derniers qui se font recopier.

Il faut savoir que de base, le fanart n’a rien de très légal (nous en avons eu la confirmation à la Japan Expo) : pour l’être, il faudrait que chaque artiste faisant un fanart demande l’autorisation à la licence auparavant. En recopiant un fanart, vous empiétez donc sur les droits d’auteurs et de l’artiste du fanart, et du créateur de l’œuvre dont est tirée le fanart.

La question de la vente ?

Un autre problème du recopiage, c’est bien la vente. En effet, en plus de reproduire une œuvre originale sans évoquer une seule fois l’auteur, certains se permettent de vendre leurs créations. Ils le font parfois en totale connaissance de cause. Mais parfois, ils sont également encouragés par les fans des licences qu’ils copient. Ces fans leurs proposent des prix, demandent si ils les vendent… Ce qui bien sûr, est une offre complètement alléchante, et difficilement refusable (bien qu’illégale).

Les artistes, « jaloux » ?

Très souvent, face à ce genre de comportements, les artistes réagissent. Soit de manière bienveillante, soit un peu plus virulente. Le fait est que, bien souvent, les recopieurs sont beaucoup plus partagés et mis en avant que les artistes originaux, qui s’embêtent à créer leur univers. Donc forcément, il y a de quoi enrager. Cependant, jaloux n’est sans doute pas le terme approprié. Ils se plaignent des vues hallucinantes des recopieurs quand eux ne font que quelques dizaines de partages, certes. Mais plus que jaloux, ils sont surtout dégoûtés, dépités.

Car si, comme le disent certains « ça va, c’est que des partages, ils gagnent pas de l’argent grâce à ça » cette phrase est potentiellement vraie, elle est aussi très fausse concernant les artistes. En effet, même si l’on ne se fait pas payer en visibilité, la visibilité est une chose dont un artiste a besoin pour vivre. Avec cette visibilité, les artistes ont plus de chance de recevoir des avis sur leurs œuvres, mais surtout, des commandes. Commandes qui les rémunèrent, donc. Et là, 50 ou 5K RT, c’est ce qui va faire la différence.

Que faire en présence de recopiage ?

Maintenant que nous savons un peu plus ce qui pose problème, il est temps de parler des solutions. Celles-ci ne fonctionnent pas forcément, mais le minimum est au moins d’essayer. La première chose à faire, c’est d’informer. Cela peut paraître bête, mais tout le monde n’est pas au courant que c’est illégal. Bien souvent, les recopieurs ne pensent pas nécessairement à mal, ils ne savent juste pas que cela pose problème. L’idée est donc de leur expliquer gentiment qu’il faut créditer les artistes originaux, voire demander leur autorisation si c’est possible.

Ensuite, bien évidemment, ne pas les encourager à vendre. Les copies sont parfois extrêmement réussies, je le conçois. Mais elles doivent rester personnelles, et non être vendues. A la place, il est important d’encourager les dessinateurs de ces copies à tenter de créer leurs propres originaux. Les encourager à faire leurs propres poses, des fanarts originaux, voire même leurs propres personnages/univers !

Enfin, il arrive que les copieurs soient bornés. Qu’ils se sentent agressés, qu’ils refusent d’écouter, où qu’ils sachent très bien que ce qu’ils font n’est pas légal. Mais ils vont continuer, voire bloquer les gêneurs. Malheureusement, on ne peut pas changer tout le monde. Mais si vous ne pouvez pas changer l’artiste, vous pouvez peut-être changer quelques uns de ses admirateurs, les sensibiliser à la cause. Tout se jouera alors sur votre manière d’aborder le sujet avec l’artiste. Si vous avez fait ça publiquement, en expliquant calmement et en développant les problèmes, il est quasiment certain que certaines personnes vous écouteront, d’autant plus si le copieur a été agressif à votre égard. En revanche, si vous avez également été agressif, vous risquez de vous recevoir une déferlante de haine…

Vous l’aurez compris, il va s’agir d’un combat long, dont la clef sera la patience. Mais si, tous ensemble, nous parvenons petit à petit à faire passer ces idées, Internet, au niveau des artistes, pourrait devenir un bel endroit, où les copieurs créditent, se font conseiller par des « vrais » artistes et, qui sait, deviennent peut-être des artistes d’originaux à leur tour.

Le combat, déjà lancé par plusieurs personnes

Bien évidemment, le combat était déjà en marche depuis longtemps. Par ailleurs, comme précisé au tout début, je suis loin d’être une pro. J’ai simplifié l’article, évité de parler des lois, et, globalement, fait un énorme condensé. Le recopiage, comme le vol, est quelque chose de très grave, puni par la loi. Cependant, Internet n’est pour le moment pas aussi réglementé qu’il ne le faudrait.

Cet article s’est surtout basé sur mes observations sur le réseau social Twitter, qui est particulièrement actif et engagé sur le domaine. C’est pourquoi, je vous cite quelques comptes qui défendent cette cause et sont directement concernés. Ils en parleront par conséquent bien mieux que moi. Tout d’abord, Grafimages qui aborde entre autre le souci du gratuit sur Internet. Nous avons également Pigeon Gratuit, très connu dans le domaine, qui se bat également contre la culture du gratuit, les vols d’œuvres et autres indélicatesses du genre.

Enfin, nous avons le C.A.A : Comité des Artistes Activistes. Tout récent, il se bat contre le repost et vol d’art massif, mais également tout ce dont nous avons parlé plus haut. Je tiens par ailleurs à remercier ses fondateurs et participants au projet de ce Comité, qui ont été d’une grande aide pour rédiger cet article.

Il existe bien d’autres comptes engagés dans le domaine, mais en voici déjà trois principaux. Je vous laisse découvrir les autres, et surtout aider à faire connaître cette cause, qui n’est certes pas le problème à éradiquer pour les artistes, mais l’un des nombreux problèmes qui, une fois réglés, amélioreront grandement leur condition.

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EiramMug, rédactrice MugMoi, pour vous servir !

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