Anne Ratier

32 ans après le meurtre de son fils, l’acte d’Anne Ratier fait débat

Depuis quelques temps, Anne Ratier est l’un des sujets principaux de la toile. Avec la sortie de son livre « J’ai offert la mort à mon fils », les avis sont partagés sur son acte.

Le 4 mars 2019, Konbini News sortait une interview d’Anne Ratier par Hugo Clément‏. En plus de son livre, elle explique dans cette interview les raisons de son acte et sa manière de procéder. Et alors que le meurtre d’un enfant de 3 ans ne demanderait aucun débat, les avis ne sont pas unanimes quand il s’agit du meurtre d’un enfant handicapé.

Deux camps dans cette affaire

Suite à l’interview, nous pouvons dresser le profil de deux types de personnes réagissant à cette affaire. D’une part, les personnes choquées par tout ce qui est dit. Par l’acte, par les propos d’Anne Ratier, par le fait qu’elle en parle sans problème et qu’elle ne soit pas punie pour son meurtre prémédité malgré ses aveux.

De l’autre, des personnes qui la trouvent courageuse d’être passée à l’acte. Qui disent qu’elle a eu raison. Que ce n’était pas une vie pour l’enfant et que c’était la meilleure décision. Qu’elle a eu un courage exemplaire de réussir à tuer son fils.

Il est difficile de se prononcer quant aux sentiments d’Anne Ratier, et nous n’avons aucune idée de ce qu’elle a pu ressentir à ce moment-là, ou de ce qu’elle ressent actuellement. Dans son interview, elle paraît un peu troublée, et décrit une relation « fusionnelle » avec son enfant. Il est inutile de faire débat pour démêler le vrai du faux, jouer les détectives pour savoir quand elle ment et quand elle dit la vérité. En revanche…

Un meurtre reste un meurtre

Il y a des choses qui ne changent pas, même si l’être humain est, ô quelle horreur, une personne handicapée. C’est ce qu’on essayé de faire comprendre des internautes en situation de handicap. Ainsi, plusieurs témoignages circulent, expliquant qu’étant enfant, les médecins leur avaient dit qu’ils seraient des légumes. Au final, ils vont mieux aujourd’hui, et sont d’ailleurs capables de raconter leurs péripéties.

Les propos d’Anne Ratier choquent d’autant plus les personnes handicapées. Elles se sentent redevables en cet instant que leurs proches n’aient pas mis fin à leur existence comme l’a fait cette mère. Pour beaucoup d’entre eux, rien n’était joué d’avance et l’état du jeune Frédéric aurait très bien pu s’améliorer avec le temps. Il est toutefois « inutile » de s’attarder sur cette question, puisque nous n’aurons jamais le fin mot de l’histoire : Frédéric est mort.

Cependant, l’acte reste un lourd délit. Il ne devrait jamais se faire sous le seul avis d’un parent, prémédité de la sorte. Par son livre et ses paroles, elle encouragerait presque les parents de personnes handicapées à faire de même. D’ailleurs, elle exprime clairement que « aujourd’hui encore, je referais la même chose. »

Ses paroles sont graves, tout d’abord parce qu’en trente ans il est possible que la médecine ait trouvée une voire plusieurs solutions, mais en plus parce que la décision ne lui semble pas difficile. On dirait presque une évidence.

Au final…

L’avis de chacun des camps va être difficile à changer. Bien que l’on puisse comprendre la difficulté de s’occuper quotidiennement d’un enfant handicapé, il devrait être normal de laisser une chance à chaque individu de vivre, et de guérir. Il est assez difficile -et horrible- d’entendre qu’une personne en situation de handicap est un fardeau. Prétendre comprendre ses sentiments et sensations en tant que personne valide n’est pas non plus envisageable.

Bien que les mentalités aient changé, les personnes en situation de handicap semblent garder un statut particulier. Un statut de personne « objet », manipulable comme tel et parfois incapable de penser ou ressentir par elle-même. Et c’est en partie pour cela que l’avis sur cette affaire est si peu unanime. La déshumanisation des personnes handicapées provoque ce genre de situations. Bien que l’on dévie quelque peu du sujet, il semble bon de rappeler que même si une personne a de gros problèmes, physiques ou mentaux, qu’elle ne peut pas communiquer, marcher, vivre comme un être humain « lambda », elle reste une personne à part entière, avec les mêmes droits que tout autre être humain.

Share

EiramMug, rédactrice MugMoi, pour vous servir !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP Facebook Auto Publish Powered By : XYZScripts.com